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  • : Le blog de Pradoline
  • : Des mots distillés pour dire, rire, sourire, jouer, enjouer ... et surtout donner un sens à la vie. Des mots déclinés en nouvelles, textes courts, fulgures.
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Pradoline ?

Oui, Pradoline ! Le surnom sucré de l'enfant qui sommeille toujours en moi. En réalité, « je m’appelle Michèle… », le plus souvent tronqué en Mimi. Comme dans la chanson, je vis dans le Sud de la France où le soleil flirte avec les anges.

J'ai passé une grande partie de mon existence à plancher sur des problèmes en « -ique » (physique, électronique, informatique...). Je vous fais grâce des cantiques et de leur délicate mécanique. Puis, à l’heure où blanchissent les cheveux … non, je plaisante ! J’avais quarante et quelques poussières d’années quand j’ai rencontré le monde des « -ure ». Passionnée de lecture et surtout d'écriture (diariste de longue date), miniatures (http://perso.orange.fr/mimi.miniatures), couture, peinture et tutti quanture … j'ai enfin osé révéler mes écrits aux autres en juillet 2005.

Depuis, l'écriture est ma fidèle compagne, à la fois capricieuse, tyrannique mais tellement génératrice de plaisir(s) !... N'hésitez pas à découvrir et peut-être vous perdre dans l'univers à la fois sage et farfelu d'une « Pradoline-Mimi-Brin de Mot » aux multiples facettes....
Vendredi 16 mai 2008

Meuh non ! Ce n’est pas le 1555745588999ème version du syndrome de la page blanche… La preuve, 1366 caractères (espaces compris) se sont alignés…

 

La musique zen égrène ses ondulations sans éveiller l’envie de déposer le moindre mot. Étrange phénomène inspiratoire qui refuse obstinément de s’éveiller. Retranchée dans sa caverne, la muse dort. Hiberne depuis plusieurs jours. Peut-être des semaines. Dehors, la pluie fait des claquettes. À l’intérieur, le désert avance. Curieuse image et drôle de couple ! Claude Nougaro et France Gall, réunis sous ma plume pour le meilleur ou pour le pire ?

 

J’ai beau te titiller en pianotant au gré des notes, tu ne pointes plus ton museau. Tu joues à cache-cache ? Pourquoi ? Que t’ai-je fait ? Ou pas fait ?

 

Comment retrouver l’enthousiasme, le désir ? Reviens, belle musette ! Quitte ton bal masqué. Lâche le bras des amants insipides et décoche une flèche d’anti-rouille à la détestable sensation qui s’est incrustée.

 

Toutefois, de grâce, épargne-moi de plancher sur un nouveau concours de nouvelles. J’en ai ma claque de cette clique de sujets à la noix. Pochette surprise, derrière le rideau, une vague monstrueuse ou bien renaissance ? Pouah ! De toutes façons, les textes sont systématiquement recalés… sans en connaître les raisons.

 

Reviens-moi ! Je t’emmène en balade. Et sans muselière ! Cette fois, c’est promis, on n‘ira pas au bord de l’amer. J’ai pris un billet pour un voyage intérieur dans une autre dimension… Mon pote Albertle nous attend au bas de sa fusée…

par Mimi publié dans : Fulgures communauté : Le Club des cinq à Marignan
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Vendredi 2 mai 2008

Jeu d’écriture (numéro 26) sur Maux d’auteur (http://forum.aceboard.net/i-7663.htm) :

« L'enveloppe n'était pas ouverte et traînait depuis trois jours sur son bureau… ». À vous d’écrire la suite…

 

L'enveloppe n'était pas ouverte et traînait depuis trois jours sur son bureau… peut-être quatre. Sylvie la reconnut instantanément en époussetant la marqueterie du secrétaire de bois précieux, situé dans l’entrée. Lundi dernier, la grande enveloppe rouille, légèrement renflée sur le côté, était déjà là, au dessus d’une pile de factures et publicités. Les autres missives avaient disparu mais celle-ci n’avait pas bougé d’un iota. Aucune confusion possible. La femme de ménage se souvenait parfaitement de la fine écriture mentionnant l’adresse de sa patronne, du tampon rouge « PERSONNEL », en diagonale sur le coin gauche et surtout du caméléon aux couleurs chamarrées qui ornait le timbre… bizarrement non oblitéré. En toutes petites lettres, l’inscription : « Nocibé » qui figurait sous l’animal l’avait fortement intriguée. Pour cette jeunette qui n’avait jamais quitté sa cité en banlieue parisienne, ce nom n’évoquait rien d’autre qu’une chaîne de parfumerie. Qu’importe d’où provenait ce courrier, Madame Nicolas ne l’avait toujours pas ouvert. À l’évidence, l’honorable octogénaire était de plus en plus déconnectée de toute réalité. Une aubaine pour Sylvie. Six mois d’entretien dans le cossu appartement du XVIème arrondissement lui avait permis de chaparder à plusieurs reprises vingt euros par-ci, un bibelot par là… Récemment, elle avait même réussi à subtiliser une babiole en or dans le coffret à bijoux, resté ouvert sur la commode de la chambre. La vieille dame en possédait tellement qu’elle ne le remarquerait certainement pas…

 

Tandis que sa patronne, assise sur le sofa de cuir fauve du salon, s’échinait sur la grille de mots croisés du dernier Fig-Mag, Sylvie lâcha la peau de chamois pour brancher l’aspirateur. Le bruit ferait diversion, au cas, fort improbable où Madame Nicolas l’entendrait décacheter l’enveloppe mystérieuse. La jeune femme imaginait déjà un objet exotique, pourquoi pas un bijou, une fiole de parfum d’une essence rare, un paquet de lettres ou mieux encore une liasse de billets de banque. Sous la pression de ses doigts charnus, décoller la languette du dos se révéla d’une facilité déconcertante. Mais le contenu la décontenança… L’enveloppe en recelait une seconde : de couleur orangée, à peine plus petite que la précédente. La curiosité piquée au vif, Sylvie renouvela la manipulation. Le jeu de poupées russes se reproduisit ainsi trois autres fois. À chaque étape, la couleur se dégradait d’un ton tandis que la taille s’amoindrissait progressivement. Après l’ocre et le jaune vanille, Sylvie finit par plonger la main dans une enveloppe crème au format carte de visite…

 

En entendant le cri strident de la femme de ménage, Madame Nicolas, son chat au poil noir et soyeux dans les bras, se précipita vers le hall. Un large sourire s’afficha sur son visage fripé en voyant la malheureuse Sylvie pleurer à chaudes larmes, les phalanges meurtries par la tapette qui s’était refermée sur ses doigts… « Voilà où mène la curiosité, ma pauvre fille ! Vous êtes renvoyée ! », s’exclama t-elle avant de murmurer à l’oreille du félin : « On l’a bien eue, cette souris-là, n’est-ce pas mon petit Machiavel ? »…

 

 

 

 

 

 

par Mimi publié dans : Jeux d'écriture communauté : Au fil des mots
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Lundi 21 avril 2008

Encore des mots (et des maux) colorés…

 

 

Boire un peu d’or pour démarrer la journée me permettra sans doute de gommer les déboires de la veille. Saleté de feu ! Tel un diablotin, le pandore a jailli devant moi, affirmant que je l’avais brûlé. Ma protestation s’est soldée par un : « Pas de quartier, Madame ! Votre orange était bien sanguine… ». Sans appel, la sanction est tombée. Il m’a fallu payer. Sinon, c’était le cachot où même avec de nombreux admirateurs faisant la queue pour me porter des oranges, je n’y tenais pas vraiment…

 

N’y pensons plus ! Ce petit déjeuner va me remettre d’aplomb. Soyons raisonnable. Pas trop de pain ni de beurre mais quelques navettes à la fleur d’oranger, qui sont tout simplement irrésistibles. Et tant pis pour cette foutue peau d’orange qui ne manquera pas de s’essaimer en moelleux capitons. Inutile d’être amère, il paraît que les hommes nous aiment pulpeuses. Les hommes, oui… Mais lui ? Je ne sais même pas ce qu’il pense vraiment. Allez, tant qu’il me reste un zeste de pep’s, je vais ranger la maison !… Mais avant, juste un petit détour par les courriels d’Orange. On ne sait jamais, il m’a écrit… peut-être…

par Mimi publié dans : Fulgures communauté : Le Club des cinq à Marignan
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Lundi 21 avril 2008

Des couleurs sur des mots ou bien est-ce l’inverse ?

 

Rouge ! Oui, c’est bien cela… L’image n’est pas si galvaudée. Ce matin, j’ai « vu rouge », en découvrant le palmarès du énième concours de nouvelles qui m’avait recalée aux abonnées absentes. Je m’étais pourtant évertuée à traiter le thème délicat : « Tirez pas sur le caviste ! » en évitant d’inonder le texte de sang ou de « gros-rouge-qui-tache ». En vain, sans doute… Sous le coup de la colère, la décision de cesser d’écrire s’imposa immédiatement. Le seuil de saturation était atteint et même largement dépassé. À quoi bon se décarcasser pour de si piètres résultats ? Ma résolution semblait alors irrémédiable. Toutefois, après une demi-heure de rage ronchonneuse, le doute commença à s’infiltrer. Ma cervelle, ratatinée par ce trop-plein d’émotions négatives se mit alors à osciller tel un yoyo. Devais-je rompre définitivement avec l’écriture, cette extraordinaire compagne à la fois exaltante, exultante, exigeante et ingrate en l’occurrence. Ou bien, était-il plus raisonnable de relativiser et laisser la situation décanter (comme le vin de mon caviste enterré) avant d’opter pour une solution, peut-être regrettable ? Sur la rampe de lancement du grand huit de mes pensées, je n’imaginais pas encore les rebondissements de la journée que j’allais vivre…

 

Au feu rouge, j’écoutai une vieille chanson de Diane : « Aujourd’hui j’ai rencontré l’homme de ma vie…  ». Son sourire a croisé mon regard (un peu comme un rayon laser). Ma « rougite » a alors disparu comme par enchantement…

 

 

 

 

 

 

 

par Mimi publié dans : Fulgures communauté : Le Club des cinq à Marignan
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Dimanche 13 avril 2008

Jeu d’écriure (numéro 25) sur Maux d’auteur (http://forum.aceboard.net/i-7663.htm) :

« On connaît la fameuse phrase dite par Paul Valéry et rapportée par Breton : « La Marquise sortit à 5 heures ».
Cette phrase résumait tout le mépris de Valéry pour les oeuvres de fiction. Il se refusait à écrire des romans car, s'il l'avait fait, il aurait fatalement été conduit à écrire des phrases aussi peu dignes d'intérêt que « la marquise sortit à 5 heures ». Alors, pour faire un pied de nez à ce fichu emmerdeur qui entendait n'écrire que des choses denses, écrire un texte en commençant par « La Marquise ne sortit pas à 5 heures ».

 

La Marquise ne sortit pas à cinq heures. Dès lors, tout doute fut dissipé. Cette absence confirmait l’inquiétante rumeur qui circulait depuis quelques jours au sein du « Tout Paris ». Les curieux amassés devant le prestigieux bâtiment, avaient pourtant espéré jusqu’à la dernière seconde. Mais, la nouvelle était tombée. Peu avant l’heure prévue, un homme aux allures de majordome désuet s’était présenté sur le perron. Sous une pluie de flashs crépitant, il avait annoncé d’une voix triste que l’état de la Marquise était si critique que vraisemblablement, sa prochaine sortie ne pourrait avoir lieu avant plusieurs semaines… voire des mois. Cette information provoqua des remous dans la foule. Aussitôt, une vague de murmures s’insinua, chacun y allant de son commentaire :

« Quel dommage !... Vous l’avez déjà vue, vous ?... Elle doit être bien mal en point pour… »

 

Depuis son arrivée dans la capitale, la Marquise n’avait pas quitté son lit de satin. Enfermée dans la superbe demeure mise à sa disposition par L’État français, elle se recroquevillait chaque jour davantage. Le voyage depuis Londres avait été apocalyptique, de l’aveu même de ses gardes du corps. Mal attachée sur son siège, elle avait été projetée au plafond alors que le jet privé traversait une zone de violentes turbulences. Les ornières rencontrées sur le trajet en limousine blindée entre l’aéroport et Paris intra-muros, l’avaient achevée. Depuis ce choc, elle était méconnaissable. De grands spécialistes s’étaient déplacés d’Amsterdam, Anvers et même New-York pour tenter de la remettre d’aplomb. En vain. Ses trop fréquents déplacements autour du monde, avaient eu raison de sa fragilité. Le mal semblait irréversible.

 

En désespoir de cause, elle se vit emmitouflée telle une antique momie pour repartir au Royaume Uni, son pays d’adoption depuis des années. Cette fois, ses gardes ne la quittèrent pas des yeux, un seul instant. À l’évidence, sa fin était proche. Son teint, jadis éclatant, était étiolé. L’abus de traitements inefficaces avait déformé sa taille incroyablement délicate autrefois et infesté son corps d’une colonie d’impuretés. Ceux qui avaient connu et admiré la beauté de la Marquise, étaient profondément attristés du sort injuste qui la frappait. La Reine d’Angleterre (Herself), ne parvenait pas à se résoudre à cette perte immense. Aussi fit-elle dépêcher un guérisseur, orfèvre en la matière, qui avait la réputation de faire des miracles…

 

Mr Merlin Leroy s’installa donc au château de Goodmington, où la Marquise avait passé l’essentiel de son existence. À force de massages et gommages, il réussit à éliminer les imperfections qui l’avaient enlaidie. Au prix d’une lente rééducation à base « d’auréothérapie », il parvint à re-modeler et affermir ses fines attaches. Après plusieurs mois de soins intensifs, l’enchanteur avait réalisé l’impensable : lui insuffler la vie…

 

En pleine forme, elle put revenir à Paris afin de participer à l’inauguration de l’exposition consacrée à la couronne d’Angleterre qui se tenait au Louvre. Cette fois, la Marquise sortit à cinq heures… Protégée par un écran, résistant à toute effraction, la « Royal Almonda Lear », bague sertie du diamant navette le plus pur du monde, brillait à nouveau de mille feux, sous les yeux éblouis des nombreux visiteurs…

 

 

par Mimi publié dans : Jeux d'écriture communauté : La gazette des blogs
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