Dimanche 6 mars 2011
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Jeu d’écriture (numéro 65) sur
Maux d’auteur (http://mda.xooit.com/index.php)
Sujet
: seule contrainte (en plus de celle des 3300
caractères à ne pas dépasser): faire figurer dans votre texte, au début, au
milieu, à la fin, comme il vous plaira, la phrase suivante :
"Et le temps passe d'hier en demain..."
Au fil des années, les ressentis se sont encordés sur le papier alpha.
Brisant filtres et tabous, ma plume a noirci des
milliers de feuillets.
Cahiers à présent désertés ; les lettres
flagada gisent au pied du sofa.
Du nid douillet, l’envie d’écrire s’est envolée
courant juillet.
Enfermés en cale sèche, les mots boudent, bredouillent, s’embrouillent.
Fins, subtils, insipides ou pesants, ils révélaient
les émotions ouatées.
Grains de folie ou de beauté, désormais prisonniers
d’un sablier de rouille.
Hochets muets du clavier désarticulé, les lettres
ont cessé de cliqueter.
Inspiration expirée, il reste des auréoles d’encre
séchée sur le buvard blafard.
Jeté aux oubliettes, le porte-plume gît au fond du
tiroir sur une photo jaunie.
Kilt écossais, shetland violet, yeux bandés,
l’adolescente joue à « câlin-maillard ».
La silhouette à contre jour est celle de Jérémy, le
grand amour de ma vie…
Mariage, enfants… Les désirs ont longtemps virevolté dans mon cœur de midinette.
Niant la vérité, bravant les interdits, je croyais
atteindre l’inaccessible étoile.
Or rien n’est advenu. Ecueils et déceptions m’ont
laissée orpheline de toute quête.
Pour survivre, j’ai croisé, tissé, tricoté, noué des
tonnes de mots sur la grand-voile.
Quatre décennies ont coulé depuis ce cliché incrusté
dans les mailles de la mémoire.
Rien n’a jamais effacé la sensation du frisson de ma
peau sous ses mains.
Sans voile, je voudrais lui proposer un thé ou un
café dans l’espoir fou de le revoir.
Tous les jours réduisent projet à procrastination
et le temps passe d’hier en demain…
Un matin ou un soir, l’énergie jaillira. La peur
sera vaincue et je lui écrirai.
Vers lui mon message voguera sur les vagues d’un
réseau bohémien.
Wagnériennes walkyries, les lettres chevaucheront
pare-feux et mascarets.
Xanthies et xéranthèmes… éphémères immortels nés
sous « X » seront liens.
Yin et yang, aujourd’hui les envies duales oscillent en duo. Silences et soupirs.
Zen, je zoome sur « te revoir », hésite et clique sur « Envoi ». Maintenant… je respire.
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