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  • : Le blog de Pradoline
  • : Des mots distillés pour dire, rire, sourire, jouer, enjouer ... et surtout donner un sens à la vie. Des mots déclinés en nouvelles, textes courts, fulgures.
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Pradoline ?

Oui, Pradoline ! Le surnom sucré de l'enfant qui sommeille toujours en moi. En réalité, « je m’appelle Michèle… », le plus souvent tronqué en Mimi. Comme dans la chanson, je vis dans le Sud de la France où le soleil flirte avec les anges.

J'ai passé une grande partie de mon existence à plancher sur des problèmes en « -ique » (physique, électronique, informatique...). Je vous fais grâce des cantiques et de leur délicate mécanique. Puis, à l’heure où blanchissent les cheveux … non, je plaisante ! J’avais quarante et quelques poussières d’années quand j’ai rencontré le monde des « -ure ». Passionnée de lecture et surtout d'écriture (diariste de longue date), miniatures (http://perso.orange.fr/mimi.miniatures), couture, peinture et tutti quanture … j'ai enfin osé révéler mes écrits aux autres en juillet 2005.

Depuis, l'écriture est ma fidèle compagne, à la fois capricieuse, tyrannique mais tellement génératrice de plaisir(s) !... N'hésitez pas à découvrir et peut-être vous perdre dans l'univers à la fois sage et farfelu d'une « Pradoline-Mimi-Brin de Mot » aux multiples facettes....
Vendredi 29 février 2008

 

 

Jeu d’écriture (numéro 23) sur Maux d’auteur (http://forum.aceboard.net/i-7663.htm) :

Écrire un texte en respectant les deux contraintes suivantes :
1 - Le thème : « La course en sac »
2 - La première phrase sera : « Crissements aigus et sons mats dominaient la rumeur en un écho fractal... »
  

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« Crissements aigus et sons mats dominaient la rumeur en un écho fractal… en un é-cho frac-tal. Point final. »

En insistant sur les dernières syllabes de l’ultime dictée de l’année, l’institutrice éveilla l’intérêt de Pauline dont les fins sourcils s’arquèrent en point d’interrogation. Que pouvait donc signifier ce mot ? En dix ans, ses oreilles et ses yeux ne l’avaient jamais croisé. Instantanément, la fillette imagina que la résonance évoquée s’était éparpillée telles des fractions de cantal ou qu’elle avait ricoché au rythme d’un cœur frappé d’un « fractus » ou bien encore qu’elle avait cliqueté comme l’épée du Capitaine Fracasse. Naviguant au gré de cette « fractalité » inconnue, Pauline songeait aux vacances. Aujourd’hui, sa scolarité en primaire prenait fin avec en point d’orgue la kermesse demain après-midi…

 

Loin de la rébarbative dictée, Pauline avait atterri dans la cour. Au milieu des guirlandes, banderoles et lampions multicolores, les stands de jeux avaient poussé tels des champignons. Papillonnant d’une attraction à l’autre, la fillette enchaînait « pêche miraculeuse », « clown arroseur », « dessin aveugle », « boîte mystère », « ballon surprise », chamboule tout » avant de participer pour la première fois de sa vie à une « course en sac ». Fièrement, elle avait revêtu le dossard « six » et enfilé autour de ses jambes une toile de jute, vestige d’un emballage de pommes de terre. Avec ravissement, elle sentait sur sa peau, un picotement un peu rêche. Au top départ, un sourire se dessina au coin de ses lèvres. Transformée en saucisson monté sur ressort, Pauline bondissait avec aisance. Ploc, ploc, ploc… Parcourant les cinquante mètres de la piste à la vitesse d’un kangourou au galop, elle faisait toute la course en tête, sans même s’essouffler. Une fois, deux fois, trois fois… Elle était même qualifiée pour la finale qu’elle remportait haut la main. Soulevant le trophée du vainqueur, la fillette exultait quand elle perçut une voix et sentit une caresse sur son épaule.

   Pauline ! Pauline ? Tu vas bien ? demanda l’institutrice en se penchant doucement vers elle.

  Oui, Madame. Excusez-moi. Comme d’habitude, je crois que je me suis juste un peu absentée.

  Ce n’est pas grave, mais enfourche vite le boomerang de ton imagination et reviens parmi nous.

 

Au moment de quitter la salle de classes, Pauline pensa avec émotion qu’elle n’y reviendrait plus. Une page de sa petite vie se tournait. Resongeant au mot étrange dont la déclinaison l’avait menée si loin, elle griffonna dans un coin de brouillon : « Regarder la définition de : « fraquetal »… ». Puis, elle rangea livres, cahiers, trousse dans son sac à dos qu’elle posa sur ses genoux avant de débrayer le frein de son fauteuil roulant…

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par Mimi publié dans : Jeux d'écriture communauté : Au fil des mots
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Vendredi 29 février 2008

Dans le cadre de l'atelier des poudreurs d'escampette, mon amie Aviva a écrit ce texte.
 J'en ai été tellement émue que je lui ai demandé l'autorisation de la publier sur mon blog.
Bonne lecture et bonne(s) réflexion(s)...

 

Bien qu’ils soient en vacances, les quatre enfants de la ferme du Lac n’étaient pas partis au ski. Ils ne partaient jamais au ski. Mais à quoi bon faire la queue aux remonte-pentes quand on avait la chance d’avoir l’immensité de la campagne pour soi ? Exceptionnellement, parce que c’étaient les vacances, leur maman ne les réveillait qu’un peu avant 8 heures.  A la campagne, on ne traîne pas au lit. En pyjama, Marie, Pierre, Jean-Pascal et Grégoire descendaient dans la cuisine qui fleurait bon le café chaud et les tartines grillées.

Leur père s’était levé bien avant le jour, il avait toujours de l’ouvrage. Même en hiver, les bêtes n’attendaient pas. Et des bêtes, il y en avait à la ferme ! Une véritable arche de Noé ! Douze vaches, un cheval, une quinzaine de poules avec leur coq, quatre canards, deux oies, quatre pintades, deux chiens, trois chats, un hérisson qui venait, en cachette, la nuit, boire le lait des chats et manger dans leur gamelle, six chèvres et des lapins.

Quand le père entra dans la cuisine, ce jour-là, ses bottes étaient toutes crottées. Au regard que lui jeta sa femme, il réalisa la bêtise qu’il venait de commettre, ressortit aussitôt les ôter devant la porte et enfiler ses pieds en chaussettes dans cette nouvelle sorte de sabots modernes, tout en plastique, de couleur pétante. 

Il se lava les mains à l’eau froide de l’évier, et tourna le bouton du transistor posé sur l’étagère du vieux deux corps en chêne.

-  Voyons voir les nouvelles du monde, dit-il en s’asseyant à sa place, au bout de la table.

Tous les matins, le père écoutait les informations à l’heure du petit-déjeuner. Elles se propageaient jusqu’aux oreilles des quatre enfants mal réveillés et pas du tout intéressés.

Le père se coupa une épaisse tranche de pain à la miche – il ne mangeait pas le pain grillé comme sa femme et ses enfants – la tartina de bon beurre salé et la trempa dans son bol de café au lait. Tout le monde mastiquait en silence. A la radio, le jingle habituel annonça les informations de 8 heures.

-         « Hier, le Président de la République, en personne,  a assisté au grand  dîner du crif,  une première dans la 5e république. Les années passées, seul le premier ministre représentait le gouvernement à ce grand dîner qui rassemble les différents courants de la communauté juive de France. A cette occasion, le Président a pris la parole et fait une annonce qui ne manquera pas d’agiter les consciences : à partir de la rentrée prochaine, chaque petit Français en CM2 devra parrainer la mémoire d’un petit enfant juif déporté de France et disparu durant la Shoa… »

-         C’est quoi « juif », demanda Marie qui n’avait que 5 ans.

-         C’est des gens, grommela le père visiblement contrarié.

-         C’est quoi Shoa, insista Marie qui aimait bien prendre la parole et la conserver au nez et à la barbe de ses trois nigauds de grands frères.

-         Moi je sais, dit  Pierre, l’aîné, qui était déjà au collège… on en a parlé en histoire… les juifs ont été pourchassés et tués pendant la guerre, pour rien…

-         Pour rien… Pour rien… C’était la guerre !… Il est grand temps d’arrêter de parler de tout ça, dit le père en se levant de table, c’est de l’histoire ancienne et tout le monde ferait bien d’oublier… on dirait que ça les amuse, les Juifs, de rabâcher sans arrêt des histoires vieilles de plus de soixante ans… nous, on y est pour rien… le président a pas raison de ramener tout ça à la surface avec sa nouvelle loi… ça va faire que des mécontents, c’est moi qui vous le dis… »

Après quoi il avala son café débout et en silence. Ensuite, comme toujours, Pierre se proposa pour donner un coup de main au père. Il rêvait déjà de reprendre la ferme ; plus tard. Le lycée agricole était la voie royale qui l’attendait l’année prochaine si ses notes se maintenaient.

Marie voulait aider maman au ménage. C'est-à-dire qu’elle voulait rester accrochée au tablier de sa mère en jacassant sans arrêt comme une pie.

Jean-Pascal, l’intellectuel de la famille, voulait terminer la lecture de son livre.

Quant à Grégoire, il envisageait d’aller faire un tour dans le petit bois, près du lac, pour, prétendit-il, vérifier si sa cabane n’avait pas souffert du vent de la nuit.

Le programme de la matinée étant réglé, tous les quatre remontèrent à l’étage faire leur toilette, tirer draps et couvertures et s’habiller chaudement.

Le petit Grégoire venait d’avoir 7 ans et on ne pouvait pas dire qu’il brillait au CP. Au contraire. Il peinait tellement à apprendre à lire et à écrire que, sans nul doute, une carrière de cancre international s’ouvrait à lui.  Les propos de son père sur les Juifs le troublaient. Juif, il n’avait jamais entendu prononcer ce mot-là jusqu’à l’automne dernier.

Le lac, enfin l’étendue d’eau nommée pompeusement « Le Lac », était dans la réalité une vaste mare envasée, un étang peuplé de grenouilles, de poissons argentés qui zigzaguaient entre les herbes hautes et les roseaux parmi lesquels voletaient des libellules aux ailes irisées et grouillait une multitude d’insectes. 


Les abords duundefined lac et le petit bois étaient le terrain de jeu favori de Grégoire. Selon les saisons, il ramassait des champignons, des glands, des marrons, cueillait des fleurs, tentait d’attraper des grenouilles avec un fil de laine rouge, de pêcher des poissons avec une canne à pêche de sa fabrication et des vers de terre encore vivants, construisait une cabane ou un radeau.

Durant les grandes vacances, il avait fait une rencontre dont il n’avait jamais parlé à quiconque. D’abord parce qu’il avait désobéi, ensuite parce qu’il avait peur de n’être pas cru.

Il faisait très chaud et l’eau l’attirait comme un aimant. Non, elle n’était pas dégoûtante comme le prétendait sa mère, juste un peu marron à cause des herbes qui pourrissaient sur le bord. Il avait ôté son short, son slip et son t-shirt et avait sauté dans la mare, levant un arc en ciel de gouttelettes étincelantes. D’étonnement, les grenouilles s’étaient tues. La crainte d’être surpris l’avait empêché de rester dans l’eau aussi longtemps qu’il en avait envie. Vite, il avait couru dans la clairière ensoleillée pour se sécher en se roulant dans l’herbe. Une sale minuscule fourmi lui avait mordu l’épaule à ce moment-là et il avait poussé un grand cri, pas vraiment de douleur, de surprise. 

C’est alors que la dame du lac lui était apparue pour la première fois.

D’abord il avait cru rêver. D’où venait-elle cette dame blonde inconnue, à la coiffure vieillotte, habillée d’un manteau noir usé au col de fourrure mité complètement hors de saison ? Elle ne lui faisait pas peur du tout. Parce ses yeux lui souriaient avec douceur. Simplement, comme il avait un peu honte d’être vu tout nu, il s’était dépêché de se rhabiller.

Le temps de coller les scratch de ses tennis et, quand il avait redressé la tête, elle avait disparu.

Mais elle revint. Des fois, des semaines s’écoulaient sans qu’elle réapparaisse. Et puis, il butait sur une pierre, s’écorchait à une ronce, tombait d’un arbre, glissait sur une mousse humide, s’emmêlait dans les fougères, s’effrayait pour une raison ou une autre, et elle surgissait. Elle le fixait en silence, comme pour s’assurer que tout allait bien et disparaissait sans prévenir.

Elle était bizarre, toujours habillée de la même manière, avec son petit sac à main carré pendu à son coude replié et ses laides chaussures à semelle épaisse, mais elle n’avait rien d’effrayant. Ses yeux exprimaient toujours une immense douceur.

Grégoire aurait bien voulu trouver le moyen de lui faire perdre son air si triste.

Un jour, à la fin de l’automne, il lui avait offert une fleur bleue à clochettes et elle avait souri. Pas seulement avec les yeux, avec les lèvres aussi.

Sa voix était comme le murmure du vent dans les ramées rousses.

-         Merci, dit-elle, aujourd’hui c’est mon anniversaire… c’est un très beau cadeau…

-         Juste une petite fleur que j’ai cueillie dans le bois… je savais pas que c’était ton anniversaire…

-         Quand on est juif, de nos jours, un cadeau comme le tien réchauffe l’âme.

C’était ce jour-là que Grégoire avait entendu pour la première fois le mot juif.

Ce matin, à cause du discours présidentiel, il en avait appris un peu plus. Les Juifs c’était une histoire de pendant la guerre. Alors, la dame du lac venait du temps de la guerre ? Il n’y comprenait rien. Pour lui la guerre était tellement lointaine qu’elle coïncidait peu ou prou avec l’époque des dinosaures, ou celle des châteaux forts.

 

Des grosses chaussettes de laine dans ses bottes en caoutchouc, l’anorak fermé jusqu’au cou et un bonnet enfoncé sur le front, Grégoire affrontait le vent glacial d’un pas décidé. Il voulait causer avec la dame du lac, en avoir le cœur net. Il ne prêta pas la moindre attention à la beauté du paysage givré de blanc nacré. Les rayons d’un soleil pâle trouaient, çà et là, la couverture de nuage. Les arbres tendaient vers le ciel, comme dans une prière, des branches tordues de bois foncé. Le froid piquait le nez et les joues du petit garçon.

Toute vie semblait avoir disparu de la campagne à l’exception de quelques corneilles noires qui fouillaient la terre de leur bec à la recherche d’improbables nourritures.

Les abords du lac étaient vides et silencieux. La dame du lac n’était pas là. Où se cachait-elle ? Où habitait-elle ?

Grégoire décida de fouiller les environs. Après avoir cassé une branche sèche, il en frappa bosquets, taillis et buissons alentours pour faire sortir la dame de sa cachette.

Concentré à son occupation, le petit garçon oublia la prudence, glissa sur une plaque gelée, ne parvint pas à se rattraper et tomba dans la mare. La température de l’eau coupa le souffle de l’enfant. En une  fraction de seconde, elle gorgea ses vêtements, remplit ses bottes. Grégoire sombra à pic, au plus profond du lac. Il cria «  au secours » en silence dans sa tête et perdit conscience.

Quand il rouvrit les yeux, la dame du lac lui souriait, d’un sourire grand comme un soleil auquel il se réchauffa. Il vit qu’il était enroulé dans son vilain manteau noir râpé. La fourrure du col lui chatouilla le nez. Il éternua. La dame lui tendit un mouchoir en tissu.

-     Merci, madame.

-         Je n’ai pas pu sauver mon petit garçon… ton aïeul nous avait cachés dans la grange, derrière les ballots de paille… mais il a été dénoncé… une lettre anonyme à la gestapo… Quand les Allemands sont venus, il a fait son possible pour les retarder …pour nous donner le temps de nous enfuir… c’est pour ça que les nazis l’ont abattu, dans la cour de la ferme, devant sa femme… ils nous ont arrêtés mon mari et moi.. ils auraient pris notre fils aussi, bien qu’il n’ait que 8 ans et qu’il soit toujours le premier de sa classe… il a pu se sauver vers le petit bois…il a couru, on l’a vu…c’est la dernière image qu’on a gardée de lui…

La dame interrompit là son récit. Et essuya une larme avec sa main.

-    Il… a glissé et… il s’est noyé… dans l’étang… je l’ai entendu m’appeler « maman ! »… mais je n’étais pas là… depuis mon âme désespérée errait, il me restait un devoir à accomplir… la dignité c’est de faire quelque chose de la blessure passée, ne pas s’y soumettre et surtout ne pas entraîner d’autres enfants dans la souffrance*… maintenant je peux partir en paix… il s’appelait Grégoire… comme toi…

 

Grégoire ne revit jamais la dame du lac. Cependant, en souvenir d’elle, il s’efforça de travailler plus, pour devenir un bon élève, comme son Grégoire à elle. Et, il y parvint. L’histoire surtout le passionnait.

 

 

 

*Boris Cyrulnik, en conclusion d’une belle réponse, dans le Monde, à la nouvelle idée géniale du président Nicolas.

 

 

 

 

 

 

 

par Mimi publié dans : Invité(e)s communauté : Au fil des mots
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Jeudi 28 février 2008

  

Dans le cadre du jeu du blog maudit....

 

 

Pfff !!! Comme d’hab… Suis encore tout seul. Mais cette fois, j’y crois. À l’orée de ce 29 février, je vais peut-être enfin rejoindre les autres. Sinon, il me faudra attendre la prochaine année bissextile. Et quatre années à errer dans les oubliettes du cyberespace, je vous assure que ce n’est pas de la tarte. Vous ne pouvez pas imaginer, vous, les paisibles habitants d’Overbloguie qui n’avez pas subi de malédiction à votre création.

 

Si vous saviez comme mon existence est rude, sans une miette de commentaire à partager ni le moindre article à publier. Aucun lien à partager avec mes congénères et pas une once de communauté à intégrer. Forcément, « elle » m’a jeté un sort. Réduit à l’état gommetteux avec un seul point eutectique tous les quatre ans, je tente désespérément d’intégrer la phase gazetteuse. Quoi ? Comment ? Qu’est ce qu’il nous raconte celui-là ? Je sais, vous n’avez pas bien saisi. C’est normal. Cette histoire est tellement incroyable que nul ne peut y adhérer même si je distillais à travers ma pipette internétique une tonne de mots en gouttes de super glu 3 (ou 4). Qu’à cela ne tienne, je vais tout de même vous expliquer comment j’ai été frappé d’exclusion…

 

Il était une fois… Meuh non, ce n’est pas la bonne formule. Si les fées s’étaient penchées sur mon berceau, je n’aurais pas eu besoin d’enfourcher ma plume pour vous narrer mes mésaventures. Donc, je reprends. On efface tout et… Aïe ! J’ai prononcé le mot maudit ! Ce texte va probablement s’évaporer dans les cinq secondes qui suivent. Tant pis… Adieuuuuuuuuuuuuu, monde cruel !...

 

Mais… Mais, vous êtes encore là ? « Elle » ne m’a donc pas gommetifé cette fois ? C’est tellement exceptionnel que je ne peux résister à l’envie de vous conter comment j’en suis arrivé là…  

 

Tout a commencé à la mi-janvier (soit exactement 1 mois, 13 jours et 13 heures). Drapé dans un habit de baptême en tulle rose saumon, je m’apprêtais à publier mon premier article : la retransmission en avant-première (sous la houlette de Léon le citron), du mariage sundefinedchrekitsch de Starcosifantutti avec une nouvelle schtroumfette. Le click sur la touche « Envoi » fit jaillir Cargommelle. Aussi plate que l’écran, le top model surmonté d’une perruque brunie déboula telle une furie. Frottant énergiquement chaque recoin du moniteur, elle en élimina tous les mots sous mon regard impuissant et ahuri… « C'est quelqu'un qui m'a dit que tu ne m'aimais pas. Tu ne mérites donc qu’un traitement de malfrat… », chanta t-elle d’une voix à peine audible. L’immense asperge de caoutchouc montée sur de grands copeaux me toisa de son regard azuré masqué par de grosses lunettes (de marque Incognito & Co). J’avais commis l’irréparable en dévoilant que la reine des gommes bleu acier allait épouser un gnome vert pomme. Aussitôt, elle me punit en gravant son sceau indélébile sur ma structure balbutiante. Un gigantesque « C », composé de fragments de résine jaunâtre barra ma page d’accueil. Dès lors, blog gomineux, calamiteux, délabré, rejeté tel un pestiféré par toute la Cyber planète, il me devint impossible de communiquer avec les autres overbloguistes.

 

Ce fut mon destin jusqu’à la dernière chandeleur. Le deux février, Cargommelle, visiblement réconciliée avec Starcosifantutti me rendit visite dans la geôle de latex où elle m’avait isolé. D’un coup de médiator sur sa gratte gomineuse, elle fit sauter trois crêpes, éliminant ainsi les infimes ramifications de lettres qui tentaient de percer à travers la carapace de son « C » de grumeaux. Agitant un louis d’or dans sa menotte auréolée de diamants, elle m’a alors glissé ces mots entre deux gouttes de champagne :

« Ton supplice peut prendre fin si la communauté gazettifère te plébiscite lors de l’élection organisée dans la nuit du 28 au 29 février prochain. Mais je te préviens, si ce n’est pas le cas, tu es condamné à rester empégué au moins quatre années de plus dans ce cachot… Capisce ? ».

 

Tu parles que j’ai compris. Depuis, je me tiens à carreau. Cargommelle m’a quand même autorisé à publier cette bafouille afin de vous convaincre de voter pour moi. Vous seuls, gazettouilleux(ses) d’Overbloguie, pouvez effacer sa malédiction gommetifère. Et mince ! Le mot interdit m’a encore échappé. Elle va encore réapparaître et me gommer tout cru.  Adieuuuuuuuuuuuuuuuuuu….

 

Signé Pipolix, le blog maudit…

 

PS : Si par chance, vous lisez ces lignes et parvenez à me sortir des griffes manucurées de Cargommelle, je vous promets un article exclusif et croquignolet sur une union encore plus surprenante et inattendue…

 

par Mimi publié dans : Jeux d'écriture communauté : La gazette des blogs
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Mardi 19 février 2008

Au cours du dernier atelier d’écriture : « Les mots nomades » auquel je participe depuis deux ans, l’animatrice nous a demandé d’écrire un texte à partir de l'animal et de la phrase célèbre de la fiche « portrait chinois » tirée au sort en mettant le personnage en situation : acheter un cadeau pour la Saint Valentin.
Animal : chat, Phrase célèbre : « Dans la vie, faut pas s'en faire »

 

Maryse a écrit ce texte en quelques minutes à partir de la fiche « portrait chinois » que j’avais brossée en pensant à un de mes amis de plume. Elle m’a gentiment autorisé à le publier sur mon blog.

 

 
Aujourd'hui c'est la Saint Valentin.

Il glisse dans les rues à l'affût du cadeau idéal pour son amoureuse. Il lèche les vitrines, va de l'une à l'autre. De la bijouterie au prêt-à-porter. De la galerie d'Art à la libraire. Elle est passionnée par la révolution, se remémore t-il. Pourquoi pas un livre sur Robespierre ?  Celui là, avec sa reliure dorée est très beau ! A côté, trône une superbe lithographie de Vasarely. Cela pourrait lui plaire aussi, pense t-il. Mais il est déjà attiré par un éblouissant saphir bleu, monté sur un anneau d'argent. Cette bague est magnifique ! Je l'imagine déjà à son doigt. Quelle classe ! Puis, un peu plus loin, une veste à poils cendrés capte son regard. C'est une merveille ! Se dit il. Elle, si féline ! Je l'entends d'ici ronronner sous cape, ainsi parée ! Il poursuit ses soliloques, tout en continuant à déambuler le long des boutiques, des murs, des palissadeundefineds. Il ne peut se décider.

Que faire ? Ce serait un séisme si je ne lui ramenais rien. Combien de temps me reste-il ? Trente minutes... Bon. Trêve de bavardage. Soyons philosophe, dans la vie, faut pas s'en faire... Je vais trouver. Ses yeux soudain se plantent face à une devanture. Des plumes de toutes les couleurs sont suspendues, posées, inclinées au dessus d'encriers et de parchemins. « C'est ça ! » Se dit-il.  Je vais lui acheter une belle plume, son encrier et un bloc de papier velin. « Ainsi, m'écrira t'elle, peut être, la lettre d'amour dont je rêve depuis si longtemps !... »

par Mimi publié dans : Invité(e)s communauté : La gazette des blogs
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Lundi 18 février 2008

Tanquée (comme on dit dans le Sud, surtout au niveau des pieds) sur mon fauteuil, j’ai froid. J’prendrais bien une rasade de mots pour me donner du cœur à l’ouvrage, pas vous ?…

 

En parlant d’ouvrage, le mien est en standby depuis plusieurs semaines. Peu à peu (très très progressivement), les fils se croisent, bâtissent, assemblent au ralenti les pièces d’étoffe. Le puzzle n’en finit pas de ne pas se finir. Le chantier de cette veste en simili laine cuite (c’est plus rigolo que laine bouillie) a démarré… il y a plus d’un mois. À la lisière du cintre, je me suis décidée à y rajouter des épaulettes en raison des miennes justement trop frêles et arrondies. Puis une ceinture et deux ravissants boutons sur le col. Juste pour la déco. C’est comme si je ne voulais pas m’en séparer. Peur ou pas envie de démarrer un nouvel ouvrage.

 

Le même symptôme m’atteint en écriture. Toujours difficile de laisser s’envoler une création. Sous le prétexte que les mots ciselés maintes fois recèlent encore quelques imperfections, je ne les libère pas de mon étreinte. Le héros ou l’héroïne est tellement incrusté(e) dans mes cellules qu’une giclée de Cillit Bang ne suffirait pas à l’en détacher. Et l’amorce d’une nouvelle nouvelle se fait parfois au forceps.

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Aujourd’hui, je suis précisément face à un embranchement. Que vais-je inventer sur le thème : « Surprise ! » ? Je voudrais bien la réserver au lecteur si mon finaud d’inconscient acceptait de m’offrir une pochette en forme de cône glacé. Sans doute vais-je devoir l’aiguillonner à travers des circonvolutions empéguées avant qu’il ne déverse un godet à coudre susceptible de pousser le fil des mots...

 

par Mimi publié dans : Fulgures communauté : Au fil des mots
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