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  • : Le blog de Pradoline
  • : Des mots distillés pour dire, rire, sourire, jouer, enjouer ... et surtout donner un sens à la vie. Des mots déclinés en nouvelles, textes courts, fulgures.
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Pradoline ?

Oui, Pradoline ! Le surnom sucré de l'enfant qui sommeille toujours en moi. En réalité, « je m’appelle Michèle… », le plus souvent tronqué en Mimi. Comme dans la chanson, je vis dans le Sud de la France où le soleil flirte avec les anges.

J'ai passé une grande partie de mon existence à plancher sur des problèmes en « -ique » (physique, électronique, informatique...). Je vous fais grâce des cantiques et de leur délicate mécanique. Puis, à l’heure où blanchissent les cheveux … non, je plaisante ! J’avais quarante et quelques poussières d’années quand j’ai rencontré le monde des « -ure ». Passionnée de lecture et surtout d'écriture (diariste de longue date), miniatures (http://perso.orange.fr/mimi.miniatures), couture, peinture et tutti quanture … j'ai enfin osé révéler mes écrits aux autres en juillet 2005.

Depuis, l'écriture est ma fidèle compagne, à la fois capricieuse, tyrannique mais tellement génératrice de plaisir(s) !... N'hésitez pas à découvrir et peut-être vous perdre dans l'univers à la fois sage et farfelu d'une « Pradoline-Mimi-Brin de Mot » aux multiples facettes....
Lundi 11 février 2008

 

Le site fulgures (http://fulgures.com) vient de relever son rideau bleu. Un petit clin d'oeil pour honorer cette réouverture...

Sur l’air de Mathilde d’un certain Jacques (qui a dit)…

 

Mimi, voici le temps venu,

De dérouler tes mots menus,

Fulgure est revenu.

Cathoune, tu peux cliquer le lien,

Ce soir, on revoit les copains,

Sur le Fulgure qui est revenu.

Toi le serveur qui nous lia,

Vaudrait p’être plus partir de là,

Fulgure est revenu.

Quel bonheur de se r’trouver là,

Ce soir, on se régalera,

Super Fulgure puisque te v'là. 

 

Mon cœur, mon cœur, emballe-toi,

Dévoile tes mots délicats,

Sur le Fulgure qui est revenu.

Mes doigts, courez sur le clavier,

Encore plus vite qu’avant l'été,

Pour le Fulgure qui est revenu.

Mon cœur, cesse de te questionner,

Souviens-toi ce qu’il a donné,

Le Fulgure qui est revenu.

Mes amis, on n’se quittera pas,

Nos échanges nous donneront le « la »,

Super Fulgure, puisque te v'là.


Vous, mes neurones, soyez dociles,

Pour concocter des textes habiles,

Fulgure est revenu.

Sortez de vos carcans rigides,

Pour déjanter sans une ride,

Sur le Fulgure qui est revenu.

Et vous mes mains, débrouillez-vous,

Pour délier des doigts trop mous,

Fulgure est revenu.

Vous mes mains, débridez les liens,

Pour dériver encore plus loin,

Sacré Fulgure puisque te v'là.


Mimi, arrête tes prières,

Tes mots respirent un nouvel air,

Fulgure est revenu.

Cathoune, apporte ton sourire,

Celui des couleurs et des rires,

Fulgure est revenu.

Toi le serveur qui nous lia,

La nouvelle team, tu garderas,

Fulgure est revenu.

Amis, amis, préparez vous,

Je suis de retour parmi vous,

Mon beau Fulgure puisque te v'là,…


 

par Mimi publié dans : Fulgures communauté : Le Club des cinq à Marignan
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Samedi 9 février 2008

Jeu d’écriture (numéro 22) sur Maux d’auteur (http://forum.aceboard.net/i-7663.htm) :

Ecrire un texte où les phrases de début et celle de fin sont les suivantes :

« Il avait dormi d'un sommeil de plomb dans cet hôtel sordide. Mais le réveil était douloureux, très douloureux... 

Imperturbablement, la vie continua à dérouler son fil. »

 

 

Il avait dormi d'un sommeil de plomb dans cet hôtel sordide. Mais le réveil était douloureux, très douloureux... Son genou le lançait terriblement. Dans l’obscurité, Eddy rejeta la couverture élimée et redressa le torse. Assailli par une odeur acre, il grimaça en réprimant un haut-le-cœur. Ce pieu puait la mort ! Son corps gourd retomba sur le matelas maculé de taches. Pourquoi avait-il si mal ? À cet instant, un essaim de visions bourdonnantes jaillit devant ses paupières qui s’ouvrirent aussitôt sur des yeux exorbités. Spontanément, son regard se tourna vers la lucarne crasseuse. La lumière du néon rougeoyant de l’enseigne clignotait. Cela suffit à le rassurer.

 

La rage au ventre, Eddy s’assit au bord du lit. Totalement nu, les coudes enfoncés dans les cuisses, il coinça sa tête entre les jointures de ses mains. « Stop ! » cria-t-il rageusement. Aspiré dans une spirale vertigineuse, il chevaucha de longues minutes un grand huit déjanté de montagnes russes avant de parvenir à se lever. En claudiquant, il se dirigea vers l’interrupteur mal enchâssé dans le mur griffé de moisissures. Sous l’éclairage blafard du plafonnier, il découvrit l’état pitoyable de ses jambes couvertes d’hématomes et la chair à vif de sa rotule gauche. Étaient-ce les stigmates d’un accident ? D’une bagarre ? Il fouilla dans sa mémoire embrumée. Seules des images floues, gorgées de rouge en émergèrent. De l’eau. Il lui fallait un peu d’eau pour se rafraîchir et chasser les hallucinations. Il traversa la pièce jusqu’au lavabo. La tuyauterie glouglouta bruyamment avant de libérer un filet d’eau verdâtre qui vira au brun au contact de ses mains. Le savon élimina les zébrures écarlates de ses doigts mais pas la substance poisseuse et noirâtre incrustée sous ses ongles. « Putain de cambouis ! », grommela t-il.

 

Évitant son reflet dans le miroir piqueté de rouille, il se lava sommairement, entoura sa plaie d’un mouchoir et enfila un jean propre. Celui qui traînait sur le lino était lacéré, effiloché, taché… Comment avait-il pu le mettre dans un tel état ? Il ne souvenait pas. La dernière image cohérente interceptée par son cerveau était celle d’un métro désert. Après ? Ce n’était qu’un amalgame nébuleux, émaillé de flashs terrifiants qu’il préférait occulter. Au fond, tout cela n’était pas vraiment inquiétant. Les amnésies passagères le poursuivaient depuis tant d’années !

 

Le jour commençait à poindre. Sa montre marquait sept heures. Pour une fois, il serait en avance au garage. Il enfila un blouson, descendit les marches et passa discrètement devant le réceptionniste endormi. D’un pas tranquille, il se dirigeait vers la station Barbès lorsque son regard fut attiré par les gros titres du kiosque à journaux. Toute la presse s’accordait sur l’horreur de l’évènement survenu la veille :

« Le barbier de Belleville a encore frappé. Sa dernière victime, égorgée dans la rame de métro… »

 

Ces mots firent resurgir les mêmes images qu’au réveil. Eddy étouffa un cri en regardant ses ongles endeuillés. Aussitôt, il se retrancha derrière les barreaux de sa prison intérieure, s’empressant d’oublier ce qu’il venait de lire. Imperturbablement, la vie continua à dérouler son fil…

par Mimi publié dans : Jeux d'écriture communauté : La gazette des blogs
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Lundi 4 février 2008


Tapis, tapis rouge… Comptine d’un lundi pluvieux. Et si comme le dicton, on pariait sur un lundi heureux ?  Que ne ferait t-on pour museler nos peurs ?
 


L’attente usante me détourne de ma nouvelle en cours d’écriture. Impossible de me concentrer sur cette salle de voyageurs où mon héroïne défile tel un zombie. La chair de l’histoire est light. Voire extra-light. L’inspiration a fui. En même temps que la pluie. En même temps que l’ennui. En même temps que le gris. Gris ? Oui peut-être. Devait être tout gris le plombage qui a sauté hier soir sous la pression d’une amande. Ma molaire toute nue ne supporte plus rien. Sous le froid et le chaud, elle hérisse ses épines douloureuses. Ne t’en fais pas ma belle. Dans moins d’une heure, l’homme de sciences t’aura redonné un habit. Sans doute tout gris. Qu’importe, ainsi protégée, tu me foutras la paix et je pourrai rejoindre ma belle amie Marine dans cet aérogare où plus rien ne se passe.
 


Clou de girafe et pomme d’api, tapis tapis rouge.
Clou de girafe et pomme d’api, tapis tapis gris…

 pomme-reinette.jpg

PS : Me suis trompée... 
La comptine c'est : pomme de reinette et pomme d'api... 
Sans doute, un effet pervers des clous de girofle chers aux dentistes pourvus de cous de girafe... (ouaf, ouaf !)

 


par Mimi publié dans : Inc(l)assables communauté : Au fil des mots
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Dimanche 20 janvier 2008

 

 

Jeu d’écriture (numéro 21) sur Maux d’auteur (http://forum.aceboard.net/i-7663.htm) :

La phrase suivante pourra être le début, la fin de votre texte, ou bien être insérée dans le coeur du texte, à votre convenance.
« Chaque jour, le libraire venait s'asseoir au chevet de la littérature. Elle respirait mal. Elle était brûlante. Mais elle respirait toujours. » (Phrase extraite du roman de Pierre Peju " La petite Chartreuse").
 
       
      

« Oufffffff ! » souffla Grégoire. Il espérait vraiment l’avoir sauvée. Depuis trente ans, une telle chose ne s’était jamais produite dans sa boutique « Lire et Délires ». Il s’enfonça un peu plus dans le fauteuil. Son esprit ne cessait de tournicoter autour d’une seule question : était-il venu à bout de cette singulière situation ? Cela durait depuis, depuis… Il ne savait plus.

 

Il se souvenait seulement que tout avait commencé à la suite d’un coup de fil. En raccrochant, un bruit dans l’arrière-boutique l’avait intrigué. « Encore une souris papivore ! », avait-il alors songé rageusement. D’un pas nerveux, il avait arpenté les traverses et poussé le rideau de sa caverne, ainsi qu’il se plaisait à qualifier l’endroit où ses livres précieux étaient entreposés. D’un regard circulaire, il avait scruté les étagères une à une avant de s’arrêter face au trou dans la rangée de littérature anglo-saxonne. À cet instant, son cœur avait vacillé. « The invisible man » avait disparu… Juste à côté, une pâte verdâtre suintait de la reliure d’une vielle publication. Sur la tranche décolorée, les caractères étaient illisibles, la couverture piquetée, les lettres effacées par endroits, une image aux couleurs estompées laissait deviner les contours d’un engin étrange. Il s’agissait de l’édition originale de « The time machine ». Grégoire l’avait saisie. Entre ses mains, les mots avaient fondu sur les pages recroquevillées. En quelques secondes, l’ouvrage de Wells avait remonté le temps se métamorphosant en un tas gluant de pâte à papier originelle… À l’évidence, ses livres s’étaient mystérieusement autodétruits en s’identifiant à leur contenu… Aussitôt, il avait posé un regard affolé sur les autres volumes qui ne semblaient pas – encore - touchés par le mal étrange. Il avait immédiatement éloigné « The war of worlds » pour éviter qu’il ne fût dévasté par une attaque extra-terrestre. Sur l’étagère du dessous, il avait retiré promptement les oeuvres de Sade qui risquaient de mourir d’amour et celles de Zola d’une overdose d’alcool… Dans une ronde infernale, il avait dénudé les rayons et posé les livres à même le sol en cercles concentriques, respectant une certaine distance entre eux pour éviter toute propagation de la maladie. Puis, il avait décidé de lire (ou relire) chaque recueil, certain que son attention les empêcherait de se suicider.

 

Ainsi, chaque jour, le libraire venait s'asseoir au chevet de la littérature. Elle respirait mal. Elle était brûlante. Mais elle respirait toujours. Rassuré, Grégoire poussa un nouveau soupir. Au même instant, Adélaïde, l’apprentie, entra dans la caverne en piaillant :

« Monsieur Grégoire ! Monsieur Grégoire ! Arrêtez de faire « ouf » et réveillez-vous ! Y’a un client bizarre qui vous réclame ! ». Fronçant les sourcils, il fixa le regard mutin de la jeune fille et se leva. Médusé, il nota que tous les livres avaient réintégré leur place… Encore groggy, il se dirigea vers la boutique où un homme vêtu tel un gentleman du XIXème siècle prononça ces mots avec un délicieux accent anglais :

      Bonjour Sir ! J’ai téléphoné ce matin pour acquérir des éditions originales. Vous vous souvenez ?

      Euh ! Oui, oui… , balbutia le libraire avant d’ajouter : enchanté, Monsieur Wells…

 

 

 

 

par Mimi publié dans : Jeux d'écriture communauté : Au fil des mots
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Lundi 14 janvier 2008

Monologue à deux voix, intérieurement folles et follement intérieures.

 

– « Le lundi au soleil… »,  lalala…

– Mais t’as tout faux. Aujourd’hui toutes les vaches du ciel pleurent et l’horizon s’embrume de gouttes de lait. Pas envie de sortir. Peur de la pluie…

– Et si tu écrivais ?

– Oui, mais pourquoi ?

– Pour te lover dans le dernier refuge de tes pensées à la dérive.

– Mais encore ?

– Peut-être pour passer le temps à travers le tamis d’une vie qui s’étiole.

– Pas bête. Et est-ce que je serai moins triste après ?

– Non. Mais en écrivant, tu prouves un peu que tu existes.

– Ah bon ! ? Alors en vrai, c’est comment la vie ?

– J’ai pas la réponse. Tu peux toujours te pencher sur le clavier, on ne sait jamais.

– C’est ça ! Je vais encore débiter des mots au kilomètre et tenter d’expurger des lourdeurs intérieures. Au bout de chemin, le sac est-il moins plein ?

– J’ai pas plus de réponse. Tiens, y’a plein de concours de nouvelles. Tu veux pas essayer ?

– Bien sûr, je vais écrire sur des thèmes imposés : hasard, maladresse, rupture, détail… Et au final ? Que je gagne ou je perde, serais-je plus moi-même ?

– T’es vraiment fatigante !

– Je sais. C’est pour ça que j’écris. Pour assommer mes cris.

– Ça y est. Tu es arrivée. Regarde-les par le trou da ta lucarne désenchantée. Ils zappent tous ce texte… Tu les as gavés.

– Pas grave. Le soleil va se lever. Je vais rejoindre le pont de couleurs qui point au loin...

– Ingrate, va ! Alors, ça sert à quoi que je me décarcasse ?

– Simplement à me libérer de moi-même…

 

par Mimi publié dans : Portrait par petites touches communauté : Au fil des mots
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