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  • : Le blog de Pradoline
  • : Des mots distillés pour dire, rire, sourire, jouer, enjouer ... et surtout donner un sens à la vie. Des mots déclinés en nouvelles, textes courts, fulgures.
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Pradoline ?

 

Oui, Pradoline ! Le surnom sucré de l'enfant qui sommeille toujours en moi. En réalité, « je m’appelle Michèle… », le plus souvent tronqué en Mimi. Comme dans la chanson, je vis dans le Sud de la France où le soleil flirte avec les anges.  

J'ai passé une grande partie de mon existence à plancher sur des problèmes en « -ique » (physique, électronique, informatique...). Je vous fais grâce des cantiques et de leur délicate mécanique. Puis, à l’heure où blanchissent les cheveux… non, je plaisante ! J’avais quarante et quelques poussières d’années quand j’ai rencontré le monde des « -ure ». Passionnée de lecture et surtout d'écriture (diariste de longue date), miniatures, couture, peinture et tutti quanture… j'ai enfin osé révéler mes écrits aux autres en juillet 2005.  

Depuis, l'écriture est ma fidèle compagne, à la fois capricieuse, tyrannique mais tellement génératrice de plaisir(s) !... N'hésitez pas à découvrir et peut-être vous perdre dans l'univers à la fois sage et farfelu d'une « Pradoline-Mimi-Brin de Mot » aux multiples facettes...

***
Mon roman : « Couleur Pradoline » va bientôt paraître en format de poche aux éditions Terriciaë.


Mes publications chez Edilivre
:
 

 
Un recueil de nouvelles et textes courts : « La vie est un conte de fées, par... fois ! »

Un recueil de fulgures : « Fulgurumelles en Cathy-Mimi »écrit en collaboration avec Cathy Peintre.

Cliquer sur les couvertures pour en savoir davantage...


                                                            



                                                           

Mercredi 28 janvier 2009

Pour renouer avec le fil des fulgures décousus, voici un prologue qui n’a pas de réel rapport la suite…

« Toute rencontre est importante car elle est peut-être unique. » (Proverbe japonais)

Je dirais même plus… Elle l’est certainement…

 

Pourquoi Mercredi ? Peut-être parce ce que c’est le milieu de la semaine. Peut-être aussi parce que c’est l’ersatz d’un « Merde » (oups !)  qu’on retient avant qu’il ne fuse grossièrement. Peut-être aussi parce que c’est le jour des enfants… Et pourquoi pas après tout ?

 

Les notes de cristal s’enlacent dans le giron de mon âme lasse. En coulée de miel, la musique sirupeuse s’échappe des cordes d’une guitare asséchée tandis que la flûte, futée comme un paon, retient sa respiration avant de répandre des sonorités propices à la rêverie. Dans son habit pied-de-poule d’ivoire et d’ébène, le piano grelotte. Manquent plus que les violons de l’hiver (Pardon Monsieur Verlaine !) pour que tout vacille à bord de mon Titanic de pacotille…

 

Soupirs !... L’ennui s’encroûte. Le mal-être s’incruste. Les mots s’alignent de guingois. Pas guignolettes ni croquignolettes ces pensées désœuvrées à souhait. Désolée. Je n’ai pas effleuré le clavier à fulgures depuis un peu, beaucoup, passionnément… longtemps. La folie des mots a déserté le désert de mon existence.

 

J’aimais tellement quand tout s’agençait avec aisance. Quand l’humour prenait les rênes pour se rire de tout. De rien aussi. Les mots métamorphosés en balles pétries de lettres, jonglaient alors entre mes pulpes avides, amoureuses des touches d’un clavier facétieux.

 

Mais aujourd’hui, c’est Mercredi… et il n’y a même pas un sourire d’enfant… pour oublier qu’on est Mercredi…

Par Mimi - Publié dans : Fulgures
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Dimanche 18 janvier 2009


 

Jeu d’écriture (numéro 54) sur À Vos Plumes (http://avosplumes.xooit.com/index.php) :

Écrire un texte de 3000 caractères (+10%) maximum se terminant par :
« Mais je vous en prie, me répondit la statue.
Je ne remettrai jamais les pieds dans ce musée.
 »

 

 

Cet après-midi-là, Washington avait revêtu sa parure d’hiver. De rares passants, emmitouflés tels des Inuits, arpentaient l’épais manteau neigeux recouvrant le Mall. Le taxi me déposa devant l’immense bâtiment. Je grimpai prudemment les marches verglacées menant à l’entrée principale encadrée de majestueuses colonnes de marbre. Quand la porte du « National Gallery of Art » s’ouvrit, une troublante sensation de « déjà-vu » m’enroba. Je franchissais pourtant le seuil de ce musée pour la première fois…   

 

Le contraste de température avec l’extérieur fut saisissant. Sur le présentoir de l’entrée, je pris plusieurs dépliants ainsi qu’un plan. Le temps me manquait. Mon avion décollait le soir même pour Paris. En une heure, j’espérais tout de même admirer quelques œuvres maîtresses dont les toiles de plusieurs impressionnistes français. Faisant fi des bourdonnements d’un essaim de touristes mitraillant la rotonde centrale, j’empruntai un large couloir avant de pénétrer dans un labyrinthe de pièces tapissées de Van Gogh, Degas, Manet, Monet… Avec émotion, je découvrais trois des plus célèbres Renoir. Instantanément, une suave sérénité m’envahit. Le regard ancré dans les détails des touches pastel représentant la fillette à l’arrosoir, celle au cerceau et la danseuse, je savourais ces instants. Soudain, la bouche rosée de la petite danseuse s’arrondit. Il me sembla alors qu’elle prononçait ces incroyables paroles : « Puisque vous retournez dans notre pays, s’il vous plaît, ramenez-nous avec vous ! »…

 

J’attribuai cette hallucination à la fatigue d’une semaine de travail intensif dans la capitale américaine. Un coup d’œil sur la montre me rassura. Il restait encore quelques minutes pour un détour par la galerie des sculptures. Au fil de ma brève visite, je découvris une autre jeune danseuse, ciselée dans un bronze multicolore. À travers la vitrine de verre, je détaillais le raffinement de ses mains croisées dans le dos, ses jambes fuselées, son tutu, ses chaussons, sa moue boudeuse plaquée sur un visage mutin… Curieusement, cette ballerine ressemblait au petit rat que j’avais été dans mon enfance. Plongée dans les méandres des souvenirs, je fus surprise de percevoir un rire cristallin dans la pièce déserte. Une hallucination de plus ! Il était temps de quitter cette atmosphère étrange. Alors que je tournais les talons, une voix juvénile m’interpella :

        Madame, Madame ! Vous êtes française, n’est-ce pas ? Degas, mon créateur, l’était aussi. J’aimerais revoir l’atelier où il m’a façonnée. S’il vous plaît, libérez-moi !

        Je ne vais pas bien à entendre des voix comme ça, moi ! Il faut vraiment que je me sauve, marmonnai-je.

        Non, ne partez pas ! Pas avant d’avoir soulevé cette cage qui m’étouffe. Je voudrais tant respirer ! supplia le petit être de métal.

Interloquée, je constatai que la statue m’avait réellement parlé et ses paroles résonnaient douloureusement au fond de moi. De façon irrationnelle, je poursuivis ce dialogue surréaliste.

        Je voudrais bien mais c’est impossible.

        S’il vous plaît ! insista t-elle

        Je vais déposer un baiser sur la vitrine qui te protège, espérant qu’il te réconfortera, ensuite, il faudra que je te laisse. D’accord ?

        Mais je vous en prie, me répondit la statue.

Je ne remettrai jamais les pieds dans ce musée.

Par Mimi - Publié dans : Jeux d'écriture
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Lundi 12 janvier 2009

 

Jeu d’écriture (numéro 34) sur Maux d’auteur (http://forum.aceboard.net/i-7663.htm) :

 

Pour un soir, vous vous transformez en Père (ou Mère) Noël. Racontez votre "aventure".
Contraintes supplémentaires :
-  le mot "Noël" ne doit pas figurer dans le titre.
- les mots suivants doivent être intégrés dans le texte : youpala, papillon, chimère, cristal, cerceau.

 

 

Tout a commencé le 24 décembre 1946. Ce soir-là, la T.S.F. qui trônait sur le buffet avait exceptionnellement fonctionné pendant tout le dîner. Les mélodies s’étaient enchaînées. Lorsque les premiers accords d’un certain « petit Papa Noël » descendant du Ciel, s’étaient insinués dans mes oreilles, j’avais bondi de ma chaise et contourné le minuscule sapin sommairement décoré avant de me précipiter vers la fenêtre du salon. D’un geste vif, ma menotte avait écarté le rideau de coton écru. Intriguée, Marie, ma sœur cadette m’avait suivi. Ses petites jambes engoncées dans le youpala l’avaient alors entraînée dans une chute brutale. Indifférent à l’impressionnante crise de larmes qui avait suivi, j’avais collé mon nez sur la vitre glacée et ancré mon regard dans l’obscurité du ciel afin d’apercevoir les ondulations d’un traîneau entre deux scintillements d’étoiles. En vain. À quatre ans, je venais de découvrir que Tino avait tout faux…

 

Presque quatre décennies se sont égrenées. Dans les méandres de ma mémoire embrumée, les images de ces instants-là ne se sont pas altérées d’un pixel. Aujourd’hui, dans la vieille maison, l’antique radio a disparu. Avachi dans le sofa, je regarde sans passion l’écran du téléviseur où défile platement un programme insipide. Les chansons se succèdent. Soudain, les paroles sirupeuses de ce menteur de Tino se joignent au concert. Quelle idée, à juste trois mois de cette fête hideuse ! Dans un sursaut, mon corps s’expulse du cuir moelleux. De façon incontrôlable, mes pas me conduisent vers le placard de ma chambre d’enfant…

 

Derrière une épaisse pile de vêtements, se cache le vieux cerceau de métal bleu roi. Je hais ce cercle vicieux, symbole d’une douleur qui a contraint toute mon existence. L’hideux jouet gisait au pied de l’arbre, le lendemain de cette horrible soirée. Le flux de souvenirs bouillonne. La douleur m’asphyxie. Tiens, la houppelande ! Sur l’étoffe lustrée, les nuances vermillon se devinent à travers la trame élimée. Je crois bien que la fausse barbe est enfouie dans la poche. Oui, c’est bien ça. Au fil des années, la poussière s’y est tellement incrustée qu’il ne subsiste presque aucune trace de sa blancheur initiale. Voilà bien longtemps, mon père avait acheté cet accoutrement dans l’espoir de redonner un semblant de magie à cette période détestable. Pfff ! Cela n’a fait qu’envenimer ma haine. Ce n’était qu’une preuve de plus de la mauvaise foi de Tino. Et si, à mon tour, j’endossais cet habit ridicule ? Juste pour te venger, ma douce Marie…

 

Tes tibias s’étaient brisés tel du cristal, ce maudit soir. Ta courte vie n’aura été que souffrance. Au cours de l’opération, ton cœur s’est envolé dans un dernier battement d’aile de papillon… Et Tino est le seul responsable avec sa chanson meurtrière. Cette nuit, je vais enfin régler son compte au vieux corse. Le Père Noël n’est pas qu’une chimère, après tout…

 

Note : Tino Rossi est mort le 26 septembre 1983.

Par Mimi - Publié dans : Jeux d'écriture
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Lundi 22 décembre 2008

 

 

Jeu d’écriture (numéro 52) sur À Vos Plumes (http://avosplumes.xooit.com/index.php) :

« Sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur » - Beaumarchais.
En l'occurrence, le thème consiste à écrire l'éloge d'une personne proche, famille ou autre...

 

  

À quelques jours de Noël, l’idée d’aller fourmiller dans un des grands magasins, regorgeant de jouets, m’a bêtement traversé l’esprit. Fidèle aux autres années, le cœur était ailleurs. Avec toi, sans doute. Le regard sans lueur, les épaules endolories, j’ai repris la route. Sous la pluie. Vers la maison où tu ne m’attendais pas. Bien sûr. Pourtant, depuis plus de deux décennies, pas une minute, je n’ai cessé de penser à toi. Toi, qui as investi ma vie, sans parvenir à la remplir.

 

Épuisée, je me suis lovée dans le sofa, enroulée dans le plaid cerise que j’avais cousu à ton attention. Aussitôt, une myriade de souvenirs m’a enrobée...

 

Tu étais si belle, mon bébé. Mes doigts tremblent toujours à l’évocation d’une caresse dans les boucles, enroulées tels des rubans de miel autour de ton visage de velours. Une petite frimousse percée de deux émeraudes ! Combien de fois, tes yeux ont-ils hanté mes rêves ? Mes cauchemars également. Je craignais tant de ne pas être à la hauteur pour calmer tes pleurs et tes peurs. Pourtant, je t’assure que l’amour m’aurait fait franchir l’Everest pour que jamais… jamais tu ne souffres, ma puce. Si tu savais à quel point, je t’ai désirée…

 

Plus tard, dans les méandres de mes pensées, tu étais écolière modèle. Brillante, souriante, gaie. Parfois, ta voix cristalline susurrait dans mon oreille, une comptine incompréhensible : « Plon, débi, débo, la saint sabot, la cavagnole… ». Je t’aurais voulu parfaite. Évidemment, tu ne pouvais pas l’être. Alors, j’ai émaillé ton caractère de facettes rebelles. Capricieuse, tu te montrais difficile à satisfaire. Dans ton palais gourmand, les choux à la crème supplantaient ceux de Bruxelles. Un brin fainéante, le sport n’était pas ton fort. Les robes en dentelles non plus. De toute façon, tu n’aurais pas apprécié de ressembler à une poupée de porcelaine, n’est-ce pas ma chérie ?

 

Puis, la vie a filé. Ta présence m’a toujours accompagnée. Le lourd parfum de ton absence aussi. Ensemble, nous avons traversé l’espoir, la joie et les désillusions, la tristesse jusqu’à ce que la résignation s’installe. Définitivement.

 

Souvent je te parle. Toi seule peux comprendre. Même et surtout ces silences, synonymes d’une déchirure indicible. Tu m’as donné la force de me battre. De ne pas capituler. De ne pas démissionner, même si les jours et les nuits sont désormais irisés d’une amertume indélébile.

 

Aujourd’hui encore, lorsque la boule qui serre ma gorge telle une pelote de laine s’emmêle un peu trop, ton sourire, chaleureux et généreux, surgit devant mes yeux. Au-delà des souffrances et des frustrations, l’image est incrustée. Indestructible. Dans ces instants-là, le réconfort s’insinue, comme si nous nous serrions très fort, toutes les deux. Ton âme est câline, mon ange. Je la sens parfois virevolter dans mes cheveux et se fondre en moi, à l’image d’un baume.

 

Alors, ma douce, cette année, pour ton Noël, tu trouveras au pied de l’arbre qui clignote tristement au milieu du salon, ces quelques mots. Je les ai tricotés sans les enrubanner de nœuds de satin. Je suis certaine que tu les préfères ainsi. Sans fioritures, sincères, vrais, emplis d’amour et d’émotion. Comme tu aurais pu l’être. Toi… l’enfant que je n’ai jamais eue…

 

 

Par Mimi - Publié dans : Jeux d'écriture
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Dimanche 14 décembre 2008

Paroles gris-gris…

 

Un couffin de pluie s’échappe des îles laiteuses du ciel. Des gouttes cristallisées sur le clavier magique émergent les mots, discrètement grisés…

 

Même si ce dimanche est à mille lieues d’Orly, il tinte comme la monotonie des teintes éteintes.

 

Tandis que le ciel déverse sa peine, mon verre de lait fait la « gris-masse ». Sans doute une mauvaise grippe ou un coup de grisou. À présent, il vire au « gris-bouilli »…

 

Soudain, la porte irisée d’un « gris-moire » s’entrebâille. Étrangement, mon verre de gris… sourit. Les notes cristallines du xylophone se font la courte échelle. Leur ronde se fond dans les replis moelleux des bulles d’air, embaumées des fragrances grisantes d’un chocolat fondant. Juste quelques lichettes à humer. Le temps de lécher la cuillère et de grignoter un goûteux goûter d’enfant. Les lèvres barbouillées de « gris-yottes » s’arrondissent en rire grisé. Fugace et grisant bien-être.

 

« Gris-âgée », la grisaille ne grésille plus. Elle a fini par s’assoupir dans sa lie grisonnante…

Par Mimi - Publié dans : Fulgures
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