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  • : Le blog de Pradoline
  • : Des mots distillés pour dire, rire, sourire, jouer, enjouer ... et surtout donner un sens à la vie. Des mots déclinés en nouvelles, textes courts, fulgures.
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Pradoline ?

Oui, Pradoline ! Le surnom sucré de l'enfant qui sommeille toujours en moi. En réalité, « je m’appelle Michèle… », le plus souvent tronqué en Mimi. Comme dans la chanson, je vis dans le Sud de la France où le soleil flirte avec les anges.

J'ai passé une grande partie de mon existence à plancher sur des problèmes en « -ique » (physique, électronique, informatique...). Je vous fais grâce des cantiques et de leur délicate mécanique. Puis, à l’heure où blanchissent les cheveux … non, je plaisante ! J’avais quarante et quelques poussières d’années quand j’ai rencontré le monde des « -ure ». Passionnée de lecture et surtout d'écriture (diariste de longue date), miniatures (http://perso.orange.fr/mimi.miniatures), couture, peinture et tutti quanture … j'ai enfin osé révéler mes écrits aux autres en juillet 2005.

Depuis, l'écriture est ma fidèle compagne, à la fois capricieuse, tyrannique mais tellement génératrice de plaisir(s) !... N'hésitez pas à découvrir et peut-être vous perdre dans l'univers à la fois sage et farfelu d'une « Pradoline-Mimi-Brin de Mot » aux multiples facettes....
Mardi 18 décembre 2007
Ce matin là, comme d’habitude, mes orteils s’approchèrent le plus doucement possible. Un geste automatique. Presque inconscient. Au contact de la plaque de plastique, je sentis un tsunami de salive débouler dans ma gorge. Bouché bée, les yeux écarquillés, je fixai l’aiguille affolée, oscillant dans une zone frappée d’une inscription rougeoyante : « Hors normes ». Ma balance l’avait décrété. J’étais énorme…
 
Descendant à toute vapeur d’un pèse-personne, qui n’avait jamais aussi bien porté son nom, je tentai de me raisonner. J’avais rêvé. Mon esprit s’était égaré pendant quelques secondes. Aucun doute, il y avait erreur. Le reflet dans le miroir en attestait. Ma silhouette évoluait peu depuis des années. Certes, les gracieux capitons de mon ventre avaient tendance à essaimer la taille et les cuisses, mais rien d’anormal. Confiante, je remontai encore plus délicatement sur Grassouilline (ridicule surnom de mon « adorable » balance). À peine mes plantes l’eurent-elles effleurée que je vis jaillir à travers la minuscule brèche creusée dans la matière, une armée de lutins. Tridents au poing, ils piaffaient des cris stridents : « Seuil d’alerte, seuil d’alerte !... ». Les mutins commencèrent à fourmiller sur mes tarses avant de tracer en direction des chevilles. Spontanément, je sautai sur le carrelage froid dans l’espoir fou que les pirates alpinistes dégringolassent. Mon inspiration fut couronnée de succès. Aussitôt la terrifiante invasion cessa.
 
Assise sur le rebord de la baignoire, je restai immobile tandis que mes pensées se chevauchaient, à l’allure d’un pur sang au galop, sur les carreaux hallucinants de ma salle de bains. Dans une ronde infernale, elles martelaient mes tempes avec cette rengaine obsédante : « si Grassouilline avait raison ? ». Mon esprit franchissait allégrement la limite des normes. Anormale… c’est sûr, j’étais devenue a-norm-ale… Sans doute le résultat de mon engluement au pilotis d’un ordi flottant où j’avais enchaîné trop de parties de spider solitaire…  
                                                       

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Depuis ce jour, j'ai troqué cette stupide addiction contre celle des mots. Suis-je pour autant re-devenue normale ? Je l’ignore et je ne peux même plus consulter Grassouilline car à l’issue de cette étrange matinée, je l’ai jetée avec mon ordi-araignée dans la fosse à lutins…



par Mimi publié dans : Portrait par petites touches communauté : Au fil des mots
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Lundi 10 décembre 2007
 
 
Pfff !!! Fait pas beau aujourd’hui. Je le vois au peu de lumière qui filtre à travers les volets. Mais cela m’est égal, je suis bien sous la couette, blotti contre son dos… Je reste silencieux et me fais tout petit pour la laisser dormir encore un peu. Elle semble si fatiguée. Le noir de la nuit dernière a encore viré au blanc. Tourne dans un sens et tourne dans l’autre… allume la lumière, feuillette trois pages, peste contre les aiguilles d’un temps tournant au ralenti… L’est fatigante. Quand cela lui arrive, je reste zen et ne dis rien. De toute manière, je ne saurai pas comment l’aider à lutter contre cette maladie là. Mais la voilà qui s’agite. Le réveil vient de chanter. Ses paupières s’ouvrent sur un regard plein d’amour. Elle tend sa main vers moi et me caresse avec affection. Ouah ! J’adore ce moment là…  Dommage, ça ne dure pas car ce matin, elle est pressée…
 
Après avoir expédié le petit-déjeuner, elle a pris sa douche, s’est habillée et nous sommes partis. Dans la voiture, je trépigne. Oh ! Je n’aime pas ça. Mais pas du tout. Ça sent mauvais… tous ces embouteillages. Elle a beau me dire qu’on est bientôt arrivés, cela ne me rassure pas. Je flaire un mauvais coup de sa part…
 
Et voilà, nous sommes devant la boutique que je déteste. J’avance à reculons. Je résiste mais c’est trop tard. Mon adorable maîtresse m’abandonne aux griffes de Cruella, la toiletteuse… Régulièrement, elle m’amène ici et je peux vous dire que je passe un sale quart d’heure. Disons plutôt trois heures. Bouh ! J’aimerais bien que le temps s’accélère. La méchante va m’asperger d’eau et de shampoing, de lotion anti-truc, m’enchaîner pour passer un atroce instrument qui fait « bzzzzzzzz » en grattant tous les poils de mon corps, me couper les ongles, me brosser les coussinets… Et dire qu’on appelle cela « se faire bichonner »… Moi qui suis un bichon frisé, je puis vous assurer que les humains ont tout faux. Pfff !... L’épreuve du toilettage est une torture. À l’occasion, j’en toucherai deux aboiements à mes potes d’Amnesty.
 
Ouf ! Apjo.jpgrès une éternité, je suis enfin prêt. J’ai hâte de sortir d’ici. L’air est irrespirable. En plus, j’ai la détestable impression d’être une nana avec ce parfum qui empeste la vanille. Pouah ! Et cette Cruella qui affiche un sourire éclatant. Surtout devant les clientes qui s’extasient devant moi : « Oh comme il est mignon, on dirait une peluche vivante… ». Si je pouvais, je leur dirais ce que pense vraiment la peluche… mais une fois de plus, je reste zen. Tiens, en attendant le retour de ma maîtresse, je vais m’installer sur ce vieux pouf élimé. Je bondis sur le plaid tout laid – en fourrure vert caca -. Subitement, l’infâme Cruella s’écrie : « Non Jo, pas sur mon crapaud… ». Son crapaud ?  Drôle de nom pour un siège… À moins que ce ne soit le cent deuxième tour de cette vieille sorcière. J’imagine qu’après un toilettage raté, elle a transformé le batracien en fauteuil inanimé pour ne pas avouer son incompétence… Du coup, j’en tremble. Imaginez. Si ma maîtresse venait à m’oublier dans cet enfer. Cruella pourrait me jeter un sort et « Arbre Akad Arbre A… », je serais métamorphosé en bonzaï, vu ma taille miniature. Je serais le premier bichonnier à feuilles cotonneuses et frisées… Brrr !!!! J’ai réussi à me faire peur tout seul. Faut vraiment que j’arrête d’écouter ma maîtresse lire ses textes à haute voix, surtout ceux destinés aux escampeurs de poudrette. Ça me donne de drôles d’idées quand même…
 
Ah ! Voilà enfin, ma douce maman. Ouf ! Je suis sauvé… Elle semble ravie. « Oh comme tu es beau mon Jo… Tu aimes le toilettage, n’est pas ?... ». Une fois de plus, je reste zen. Je ne vais pas la contrarier. Elle risquerait de dormir encore plus mal. Et là, je ne vous raconte pas les histoires qu’elle serait capable d’imaginer. Heureux de quitter Cruella, son crapaud et ses sorts bonzaïques, je remue fièrement le panache de ma queue, tentant d’oublier que dans deux mois, il faudra revivre cette aventure… En attendant, restons zen…
par Mimi publié dans : Textes courts communauté : Au fil des mots
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Lundi 10 décembre 2007
Un surnom qui rime avec chenille. Celui d’une amie. De mon amie.
Celle qui vit en Provence, dans un monde or et bleu.
Celle qui voue à sa perle claire l’amour indéfectible d’une mère aimante.
Celle qui offre ses mots à une muse lointaine. Femme amante d’un insaisissable aquilon soufflant sur une guitare métissée (sons tziganes encrés de Chine), elle explose de sensualité et de générosité.
Celle qui donne, donne, donne… et abrite nos émotions dans son nid azuré.
Celle qui pétille telle une bulle de champagne et se grise de poésie.
Celle qui parfois oublie. Qui parfois s’oublie. Qui parfois…
À toi, ma douce amie… 

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par Mimi publié dans : Fulgures communauté : Le Club des cinq à Marignan
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Jeudi 6 décembre 2007

Pas besoin d’aller bien loin. Pas d’avion ni de décalage. Mon atoll aux senteurs de vanille, mon coin de paradis, je l’ai là... dans mon jardin. Il me suffit d’ouvrir la porte…
 
Sur la terrasse grise et lézardée, s’entassent en vrac le hamac, l’arrosoir, un long tuyau enroulé tel un escargot dans l’herbe fofolle, le seau et la pelle (pour faire des châteaux de ménage….), et surtout ma balancelle. Les rayures jaunes et blanches de la bâche se sont grisées abalancelle.jpgvec le temps. Les coussins jaune poussin sont parfois poussiéreux mais j’aime m’y enfoncer pour bercer mon âme au gré d’un regard qui s’égare sur des perles de rose nacrées. La vue n’a rien d’exceptionnel, la mer qui ondule au loin, je pourrais la voir sur le balcon à l’étage, mais je préfère rester là. Je me ressource en écoutant le chant des oiseaux tandis que les rayons de soleil dansent sur ma peau. Parfois, les yeux fermés, je sens les grains du temps se balancer à travers le sablier de mon corps, enfin serein. Envolées les douleurs. Évaporées les peurs et le stress. Je regarde les fourmis pousser et les plantes se suivre en file indienne. À moins que ce ne soit le contraire ou l’inverse. Jamais bien su faire la différence. Mais je m’égare… Je suis incorrigible.
 
Je voulais vous décrire un coin où je suis bien, où mes sensations prennent le pas sur le mental et j’ai dévié, dérivé. J’ai même failli vous parler de cantal pour rimer avec mental… Ne m’en veuillez pas. J’ai un air sérieux mais je ne le suis pas. Ne me mettez pas à l’ama(e)nde et venez partager une menthe à l’eau ou un thé sur ma p’tite balancelle…
 
Michèle (avec un seul « l »), à qui il manque une aile pour VIVRE pleinement…
par Mimi publié dans : Fulgures communauté : Au fil des mots
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Mardi 4 décembre 2007

 

Ce matin, ils étaient là. Sagement lovés en boule, tout au fond de la gorge. Enroués autour d’un petit chat soyeux. Subitement, ils se sont éveillés à la lumière dorée d’une cuillerée de miel. Agglutinés à l’orée du chas d’un clavier un peu émoussé, ils se sont engouffrés dans la brèche des touches, sur le fil d’une idée sans filet.
 
Brusquement animés en folle bamboula, ils ont dansé le cha-cha-cha avant de débouler en sarabande. En croisière et croisade, ils se sont amusés. Trop longtemps retenus dans leurs gangues, ils sont sortis de leurs cocons, faisant valser le bois d’une langue sans vie, ni envie.
 
Sur le toboggan des homonymes, ils ont glissé tels des inconscients. Puis se sont balancés tout en haut du trapèze, faisant défiler acrobaties d’antonymes et facéties de synonymes. Follement libérés, ils se sont bousculés au portillon d’une imagination ressuscitée. Les doigts peinaient un peu. Dans un flux erratique, les lettres se chevauchaient dans une cavalcade fantastique jusqu’à…
 
Jusqu’à ce que le calme revienne. Ils ont alors re-intégré le nid de la bienséance de la vie sans vie. J’ai crié, les suppliant de rester encore un peu. Mais ils sont demeurés muets.
 
Revenez vite ! Revenez vite, amis-mots pour jouer encore un peu dans mon jardin imaginaire… 

train.jpg

Merci à Pierre-Luc (http://www.un-cavalier.com) pour ce superbe dessin qui illustre si bien mon interlude...

http://www.dailymotion.com/relevance/search/le+petit+train+interlude/video/x1y4de_serie-tv-bonus-interlude-rebus-expr_fun 

 

par Mimi publié dans : Fulgures communauté : Le Club des cinq à Marignan
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