J’ai découvert ce jeune chanteur, il y a plusieurs semaines déjà.
Mais je ne connaissais pas cette chanson qui passe à présent en boucle autour des miennes. L’air lancinant (aux accents de bossa-nova) et la poésie mêlée de tant de tristesse, de pudeur et
d’émotions m’ont tout simplement enchantée. Un pur moment de beauté. Bravo à ce jeune talent qui à n’en pas douter fera une immense carrière.
http://www.youtube.com/watch?v=cfJ3E8dHDhQ&feature=related
Aurais-je imaginé que je me trouv'rais là,
Une mine de stylo plantée sur ma peau ?
Les yeux de mon bourreau qui ne me quittent pas,
Ma blancheur lui fait peur, je sais qu'il cherche ses mots.
Je suis une feuille blanche, je ne demandais rien
Qu'à rester sur mon arbre et attendre la fin.
Moi j'aimais le vent, se perdant dans les feuilles,
Le murmure de la sève qui me donnait la vie.
Moi j'aimais la hauteur que j'avais sur les choses,
Je n'ai pas vu venir la lame qui m'a trahie.
Si au moins je servais de papiers officiels,
Pour signer des traités et protéger les faibles.
Ou être dans les mains d'un poète oublié,
Qui me jett'rait ses vers comme on cherche un ami.
J'aurais pu être pressée sur le coeur d'une enfant,
Écoutant dans mes lignes la voix de son amant.
Ou être le pliage d'un gamin de huit ans,
Et voler dans les airs sous les rires des enfants.
Ou être dans les pages d'un livre d'histoire,
Qui dit que le chemin est encore tellement long.
Mais voila que je sens que la plume me frôle,
Et les lettres se forment comme l'encre tourbillonne.
J'n'ai jamais vu plus lourd que le poids de ces mots,
C'est la misère d'un homme que je sens sur mon dos.
Il dit : "je veux finir d'avec ma vie,
Pardonne-moi mon amour, mais je m'arrête ici.
Ce n'est pas de ta faute si je baisse les bras,
Mais j'ai perdu ma chance de gagner ici bas".
Et moi c'était mon rôle de porter tous ces mots,
Et les larmes d'une femme tomb'ront sur moi bientôt.
J'aurais pu être pressée sur le coeur d'une enfant,
Écoutant dans mes lignes la voix de son amant.
Ou être le pliage d'un gamin de huit ans,
Et voler dans les airs sous les rires des enfants.
Mais je tourne la page d'une triste histoire
Qui dit que le chemin n'était pas tellement long,
Pas tellement long...