Mardi 21 avril 2009

Dimanche d’avril à Monaco…

 

Assise sous la pergola de la minuscule maison à thé du jardin japonais, je rêve. Face à moi, une fontaine ronde, presque muette. L’écume laiteuse s’écoule en rubans de fine dentelle sur le rythme délicat d’un souffle de flûte de pan. Parfum de zénitude.

 

Juste un instant d’infinité. Impalpable. La course inexorable du temps s’est alanguie une toute petite seconde. Insondable. La brise agite les feuilles des arbustes aux tailles aplaties. Les branches sont autant de bras ouverts, prêts à m’enlacer sous le châle cotonneux de nuages meringués dont le ciel gourmand s’est enveloppé. 

 

Manque la caresse d’une orchidée papillon aux nuances picorées de parme, amande et violine. Un effleurement de velours. Des gouttelettes s’écrasent sur les pierres plates. Je frissonne. En avril, faut-il se couvrir d’un seul fil ? Lien ténu entre deux âmes aux connexions surprenantes.

 

Et si tu étais là ? Tout près de moi ? Me prendrais-tu la main ? Poserais-tu la tienne sur mon épaule fragile, discrètement voûtée comme pour s’excuser d’exister ? Ici ou ailleurs… Le lieu a-t-il la moindre importance ? Bien-être unique, intemporel…

 

En écho à ma rêverie, le soleil déploie son éventail. Les rayons grignotent goulûment les brisures de gâteaux nuageux. Le ciel détricote l’étau. L’écharpe de nuées argentées s’évanouit maille par maille. L’horizon s’éclaire.

 

C’est sûr… Tu es là. À côté. Avec moi…
Par Mimi - Publié dans : Fulgures - Communauté : La gazette des blogs
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