Certes. Et alors, me direz-vous. Est-ce suffisant pour pétrir un fulgure ?
A priori, il est tentant de répondre : « que nenni, Mie Mimi… ».
Mais a posteriori (l’expression a un côté faux cul amusant), il y a peut-être matière à modeler des chiffres et lettres.
Revenons donc à l’instant magique où la pendule du four, était restée bloquée sur un tiercé de nuit : 3, 1, 4. Il était en réalité 8h14. L’esprit sur-gelé (con-gelé ?) par un excès de lenteur que tout gendarme eût pu sanctionner, tant il était patent (Parenthèse : la nuit avait été pénible. Pas torride. Non. Seulement déserte de sommeil. Fin de la parenthèse)… Donc engourdie, j’introduisis mon mug de café froid dans le cube à ondes à l’heure susnommée. Aussitôt, victime d’un bombardement en règle, le jus brunâtre commença à frétiller frénétiquement. Les bulles endiablées voletaient à l’envi dans un nid de porcelaine. Leur salsa exaltée, résultat de l’agitation des molécules d’eau rappelait un certain mouvement, qualifié de brownien. Tilt ! Sur le fil de l’inconscient, l’adjectif me conduisit aux brownies qui traînaient dans le placard.
Le regard mollement enfoncé dans les herbes folles du jardin (pampa ou savane seraient plus appropriés), je sirotai mon nectar réchauffé, me délectant de brisures où se mêlaient subtilement le fondant du chocolat et le croquant des noix de pécan. Texture et saveurs duales. À l’image de ma nature… à la fois tendre et craquante (voire cassante)… « Attention fragile ! » mentionnait le baluchon de la cigogne-factrice qui avait assuré ma livraison un demi-siècle plus tôt… Je me suis alors égarée dans les méandres d’une rêverie bienfaisante…
Oh juste quelques instants. La preuve. Au moment où je finissais de petit-déjeuner, la pendule du microscopique onduleux marquait toujours 3h14… Temps pi et tant mieux…
Biz
Mimi, chef pâtissière... en mots.