Monologue à deux voix, intérieurement folles et follement intérieures.
– « Le lundi au soleil… », lalala…
– Mais t’as tout faux. Aujourd’hui toutes les vaches du ciel pleurent et l’horizon s’embrume de gouttes de lait. Pas envie de sortir. Peur de la pluie…
– Et si tu écrivais ?
– Oui, mais pourquoi ?
– Pour te lover dans le dernier refuge de tes pensées à la dérive.
– Mais encore ?
– Peut-être pour passer le temps à travers le tamis d’une vie qui s’étiole.
– Pas bête. Et est-ce que je serai moins triste après ?
– Non. Mais en écrivant, tu prouves un peu que tu existes.
– Ah bon ! ? Alors en vrai, c’est comment la vie ?
– J’ai pas la réponse. Tu peux toujours te pencher sur le clavier, on ne sait jamais.
– C’est ça ! Je vais encore débiter des mots au kilomètre et tenter d’expurger des lourdeurs intérieures. Au bout de chemin, le sac est-il moins plein ?
– J’ai pas plus de réponse. Tiens, y’a plein de concours de nouvelles. Tu veux pas essayer ?
– Bien sûr, je vais écrire sur des thèmes imposés : hasard, maladresse, rupture, détail… Et au final ? Que je gagne ou je perde, serais-je plus moi-même ?
– T’es vraiment fatigante !
– Je sais. C’est pour ça que j’écris. Pour assommer mes cris.
– Ça y est. Tu es arrivée. Regarde-les par le trou da ta lucarne désenchantée. Ils zappent tous ce texte… Tu les as gavés.
– Pas grave. Le soleil va se lever. Je vais rejoindre le pont de couleurs qui point au loin...
– Ingrate, va ! Alors, ça sert à quoi que je me décarcasse ?
– Simplement à me libérer de moi-même…
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