Lundi 14 janvier 2008

Monologue à deux voix, intérieurement folles et follement intérieures.

 

– « Le lundi au soleil… »,  lalala…

– Mais t’as tout faux. Aujourd’hui toutes les vaches du ciel pleurent et l’horizon s’embrume de gouttes de lait. Pas envie de sortir. Peur de la pluie…

– Et si tu écrivais ?

– Oui, mais pourquoi ?

– Pour te lover dans le dernier refuge de tes pensées à la dérive.

– Mais encore ?

– Peut-être pour passer le temps à travers le tamis d’une vie qui s’étiole.

– Pas bête. Et est-ce que je serai moins triste après ?

– Non. Mais en écrivant, tu prouves un peu que tu existes.

– Ah bon ! ? Alors en vrai, c’est comment la vie ?

– J’ai pas la réponse. Tu peux toujours te pencher sur le clavier, on ne sait jamais.

– C’est ça ! Je vais encore débiter des mots au kilomètre et tenter d’expurger des lourdeurs intérieures. Au bout de chemin, le sac est-il moins plein ?

– J’ai pas plus de réponse. Tiens, y’a plein de concours de nouvelles. Tu veux pas essayer ?

– Bien sûr, je vais écrire sur des thèmes imposés : hasard, maladresse, rupture, détail… Et au final ? Que je gagne ou je perde, serais-je plus moi-même ?

– T’es vraiment fatigante !

– Je sais. C’est pour ça que j’écris. Pour assommer mes cris.

– Ça y est. Tu es arrivée. Regarde-les par le trou da ta lucarne désenchantée. Ils zappent tous ce texte… Tu les as gavés.

– Pas grave. Le soleil va se lever. Je vais rejoindre le pont de couleurs qui point au loin...

– Ingrate, va ! Alors, ça sert à quoi que je me décarcasse ?

– Simplement à me libérer de moi-même…

 

par Mimi publié dans : Portrait par petites touches communauté : Au fil des mots
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Mardi 18 décembre 2007
Ce matin là, comme d’habitude, mes orteils s’approchèrent le plus doucement possible. Un geste automatique. Presque inconscient. Au contact de la plaque de plastique, je sentis un tsunami de salive débouler dans ma gorge. Bouché bée, les yeux écarquillés, je fixai l’aiguille affolée, oscillant dans une zone frappée d’une inscription rougeoyante : « Hors normes ». Ma balance l’avait décrété. J’étais énorme…
 
Descendant à toute vapeur d’un pèse-personne, qui n’avait jamais aussi bien porté son nom, je tentai de me raisonner. J’avais rêvé. Mon esprit s’était égaré pendant quelques secondes. Aucun doute, il y avait erreur. Le reflet dans le miroir en attestait. Ma silhouette évoluait peu depuis des années. Certes, les gracieux capitons de mon ventre avaient tendance à essaimer la taille et les cuisses, mais rien d’anormal. Confiante, je remontai encore plus délicatement sur Grassouilline (ridicule surnom de mon « adorable » balance). À peine mes plantes l’eurent-elles effleurée que je vis jaillir à travers la minuscule brèche creusée dans la matière, une armée de lutins. Tridents au poing, ils piaffaient des cris stridents : « Seuil d’alerte, seuil d’alerte !... ». Les mutins commencèrent à fourmiller sur mes tarses avant de tracer en direction des chevilles. Spontanément, je sautai sur le carrelage froid dans l’espoir fou que les pirates alpinistes dégringolassent. Mon inspiration fut couronnée de succès. Aussitôt la terrifiante invasion cessa.
 
Assise sur le rebord de la baignoire, je restai immobile tandis que mes pensées se chevauchaient, à l’allure d’un pur sang au galop, sur les carreaux hallucinants de ma salle de bains. Dans une ronde infernale, elles martelaient mes tempes avec cette rengaine obsédante : « si Grassouilline avait raison ? ». Mon esprit franchissait allégrement la limite des normes. Anormale… c’est sûr, j’étais devenue a-norm-ale… Sans doute le résultat de mon engluement au pilotis d’un ordi flottant où j’avais enchaîné trop de parties de spider solitaire…  
                                                       

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Depuis ce jour, j'ai troqué cette stupide addiction contre celle des mots. Suis-je pour autant re-devenue normale ? Je l’ignore et je ne peux même plus consulter Grassouilline car à l’issue de cette étrange matinée, je l’ai jetée avec mon ordi-araignée dans la fosse à lutins…



par Mimi publié dans : Portrait par petites touches communauté : Au fil des mots
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Jeudi 29 novembre 2007
Souvenir d’un texte écrit lors d’un récent séjour aux US chez mon adorable nièce qui a deux « adorables » monstres…
 
Dans la vie, il faut parfois faire des choix…
 
Habituellement, les journées glissent tranquillement sans bruit. Soyons honnêtes, il y a même parfois trop de silence(s). Le cours est fluide, zen, presque lisse. Trop lisse…
 
Depuis plusieurs jours, j’ai atterri ailleurs… Au pays des vivants où les enfants turbulents bougent, rient (ou pleurent) et crient tout le temps. Le rythme est devenu celui d’un swing (merde, j’ai explosé le tee !) un peu zinzin. Même ma vieille copine sciatique première du nom est revenue en force.
 
Prisonnière de ce tourbillon, j’ai envie de poser ma tête qui menace d’exploser sous la pression de cet excès de vie. Je résiste en puisant dans mes forces zénitales pour ne pas sombrer dans la folie douce et m’évade en fulgurant un min. Mais la concentration est denrée rare au pays de l’abondance. L’inspiration risque également de faire défaut. En plus, ce clavier me fait ch….
 
Courage, bientôt la zénitude reprendra son droit de cité.
 
Finalement, entre zen et zinzin, je crois que je ne peux me résoudre à choisir. L’excès en tout étant nuisible, je vais me retrancher derrière de jolis mots pour vous dire : Merci de mávoir lue… Grrr !!! ce clavier…
 
Qui a dit que j’étais zen ? Moi ? J’dois être peu zinzin quand même…
par Mimi publié dans : Portrait par petites touches communauté : Au fil des mots
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Jeudi 29 novembre 2007


Tels sont les adjectifs qui pourraient qualifier ce brin de femme sur le bord d’une vie prête à basculer…
 
Voilà le prologue est écrit. Et la suite alors ? Eh bien il n’y en a pas (encore) parce que pour l’instant elle ne sait pas où le fil ténu de la vie va la mener ou l’amener, c’est comme vous voulez (c’est de la lecture interactive, non ?).
 
Elle aime écrire sans logique. Au diable la sémantique ! S’enivrer d’écrits (sans cris) pour panser et ne plus penser, c’est son dada. Parfois les mots ne s’ordonnent plus bien et le traditionnel « cheval qui est dans l’écurie » se métamorphose en « écurie qui l’cheval est ». À la fin, comme dans les westerns spaghetti, tout le monde est mort.
 
Elle vous a largué là ? C’est un peu ce qu’elle voulait pour se fondre dans les méandres de ses idées qui tricotent un point mini mousse au travers des côtes de Jersey. Le pull sera-t-il à sa taille ? Tant pis, elle largue les amarres pour une voilure sans teinture d’iode.
 
Comprenne qui pourra ! Même le titre abscons n’a ni queue ni tête comme cette histoire à dormir assis (c’est plus confortable que debout).
 
Rallumez la lumière ! Le film est terminé. 

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Je sais pas vous. Mais moi je n’ai rien compris. Pour vous remercier de m’avoir suivie dans ce délire de mots, je vous offre un esquimau glacé ou un cône de lumière à boire sans modération.
 

Postlogue : Too late, sa vie a basculé dans un stradivarius dyslexique.

par Mimi publié dans : Portrait par petites touches communauté : Au fil des mots
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Mardi 27 novembre 2007


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Quand le champ sémantique du « givre » joue, patine et chante en déjantant les mots.
 
Givrée ? Vous me croyez givrée, n’est ce pas ?
 
Eh bien oui, je suis une peu folle et follement heureuse. Je viens de rencontrer le Père Noël sur son traîneau étincelant. Mais ce n’étaient pas des cerfs qui sillonnaient la forêt de sapins étoilés. Des poissons d’argent, magnifiques, majestueux et translucides patinaient sur un lac de flocons salés.
 
Je vous assure que tout cela est vrai et que je n’ai rien bu. Sans doute est-ce l’ivresse des montagnes qui ankylose mon citron granité… euh… je veux dire mes neurones embrumés par un rideau de grives.
 
Aïe ! Le froid pince fort ici. Je sens mes lèvres se fendiller. Et un baiser sur une bouche gercée, c’est pas le pied… Mais aussi quelle idée de passer Les fêtes dans le freezer ! Je sens mes molécules gonfler et l’eau se transformer en glaçon. En plus, mes cheveux vont davantage friser.
 
Aglagla !… Mais non pas le glas de la dernière heure ! Décidemment, vous ne me suivez pas du tout. Et maintenant, je suis crevée à force de racler les clayettes où les fraises dansent sur un groove d’enfer au point de se transformer en gelée…
 
Tut tut tut… Tatatatatata … Il est 7h30. Aujourd’hui, temps glacial sur une France toute blanche et recouverte d’une épaisse couche de givre…

 

par Mimi publié dans : Portrait par petites touches communauté : Au fil des mots
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