Jeudi 11 octobre 2007


Une histoire simple et pourtant à tiroirs (ou placard)...
Au 14 décembre 2007, cinq volets l'éclairent. La suite pour bientôt très certainement. 

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« À la croisée des chemins » (08/09/07)
 
L’histoire commence dans les années 75. Un flirt, une amitié, un gilet emprunté. Jamais rendu. Trente ans plus tard, le pull est encore là. Sagement plié dans l’armoire, tel un passé toujours présent. Un fil de laine en guise de lien ?
 
La vie s’est déroulée sans lui. De loin en loin, j’ai suivi son brillant parcours professionnel, sans jamais le croiser.
 
Puis, un jour de printemps 2007, une envie. Participer à un concours de nouvelles. Thème : le rendez-vous. Une idée : raconter cette rencontre. Il y a trente ans, j’étais une étudiante maladroite et lui me surnommait Romy (en raison de mes yeux clairs et de ma coiffure de l’époque). Tout naturellement, le texte devait s’intituler « le chignon de Romy ». Les mots ont tourné longtemps sans parvenir à structurer une histoire emberlificotée, reliant deux rendez-vous à plusieurs décennies d’intervalle. En filigrane, une obsession : le hasard n’existe pas. Ces deux êtres devaient faire un bout de chemin ensemble. Le passé ne l’avait pas permis. Peut-être le présent ?
 
Le texte n’a pas émergé. Tant pis pour le concours.
 
Puis, un jour d’été 2007, coup de fil d’une amie qui me parle de lui… Elle l’a rencontré dans le cadre de son travail. Hasard ? Coïncidence ? Non, connexion.
 
Spontanément, je lui adresse un mot.  Il y a répondu.
 
Hasard ou destin ? La réponse à la croisée de nos regards … très prochainement.
  
« À la croisée des regards » (20/09/07)

L’histoire a continué. Trente ans plus tard, nos regards se sont re-croisés…
 
J’avais laissé un gamin, j’ai retrouvé un homme. À part ses cheveux devenus rares, il n’avait pas changé. Toujours ce même sourire discret et des yeux malicieux. J’aurais bien craqué, mais… Car bien sûr, il y a un « mais », il ne semblait plus disposé que cela. Je l’ai senti sur la réserve. À la fois bien et mal dans sa peau, dans une vie qui semble équilibrée et sans souci(s). Toujours énigmatique, profond, spirituel. Moi ? J’aurais bien craqué…
 
Certes, la porte n’est pas vraiment fermée, mais elle n’est pas franchement ouverte. Je ne suis ni éblouie ni désappointée. Encore un peu embrouillée. J’avais rêvé d’une histoire qui aurait pu se poursuivre à travers les années. Aujourd’hui, je suis en standby. Bloquée devant le panneau « Cédez la priorité » du rond-point à la croisée des chemins.
 
Pourtant, je vous assure que j’aurais bien craqué. Nous nous sommes quittés. Un goût de Perrier rondelle siroté à la terrasse d’un café tout plein de soleil. « On oublie la pudeur, on se re-contacte… », ce sont ses derniers mots. Un au–revoir en demi-teintes. J’aurais tellement aimé que ce soit plus précis, plus concret, plus…
 
Mais le rêve n’est plus de mise. La réalité en est dépourvue. Qu’importe la suite (si tant est qu’il en ait une) de l’histoire, la vie a ouvert une parenthèse qui n’est peut-être pas encore refermée et … son pull est toujours plié au fond du placard…
 
Au fait, vous ai-je dit que j’aurais bien craqué ?...
  
« À la croisée des riens » (11/10/07)

L’histoire s’est arrêtée d’elle-même. Troisième et (sans doute) dernier volet de la mini-saga qui a étoilé un été étiolé…
 
Dernier, parce que fulgures tire sa révérence, mais aussi (et surtout) parce qu’à l’évidence, l’éloquent silence qui a investi une communication en micro-pontillés se délite chaque jour un peu plus. L’espoir de bâtir la moindre relation s’est écrabouillé. Et le plus difficile à vivre est de ne pas comprendre pourquoi. Pas de temps ? Peut-être. Pas d’envie ? Sans doute. Peur ? Certainement.
 
À vrai dire, qu’importent ses raisons. Une fois de plus, voilà la-reine-des-châteaux-de-cartes-effondré(e)s, face à elle-même et la passivité semble être la seule attitude raisonnable. Même si les envies de « relancer » (pardon pour le vilain terme) tenaillent l’esprit de façon compulsive et récurrente, le dernier bastion de fierté tient bon.
 
Trop besoin de se protéger. L’indifférence de l’Autre (ou du moins ce qui s’y apparente) a déjà laissé des traces dans le marbre d’une façade fragilisée. Heureusement, les mots ont tendu leur épaule pour étancher un peu le désarroi incrusté dans une peau oubliée.
 
« Voilà. C’est fini… », comme le chantait Jean Louis Aubert, il y a plusieurs décennies. Et tant pis si j’y ai vraiment cru…
 
Il me reste son pull, plié au fond du placard… pour les trente prochaines années. 



« À la croisée des… » (19/10/07)


Merci à tous ceux qui m’ont aidé à écrire ce quatrième volet… Une ellipse ouverte sur l’avenir…

 
Depuis trois semaines, ma boîte à messages dépérissait. Rabougrie, elle croulait sous les spams, textes des ateliers d’écriture, news sans intérêt, billets d’humour, diaporamas de pensées positives… mais rien de lui. Pas même l’ombre d’un flocon de mot. Sans comprendre, je m’étais résignée, tissant dans le vide les fils d’un silence assourdissant. Au hasard des mailles, j’ai même rencontré quelques copines araignées (plutôt chagrin qu’espoir) qui m’ont guidée vers un fulgure tricoté au point jacquard, croisé de riens.
 
C’était avant… Avant ses lignes qui m’ont rassurée, laissant entrevoir un prochain rendez-vous. En tombant, ses mots ont dégagé un ciel grisouilleux. Quelques gouttes de bien-être enfin ! Aussitôt, les araignées ont déguerpi, leurs potirons édentés sous les pattes. Tant pis pour Halloween. Ces coquines iront festoyer ailleurs que dans ma caverne.
 
Depuis, l’horizon est encore brumeux. Toutefois, l’étincelle qui illumine l’intérieur à fait fondre le doute, laissant place à l’espoir, l’envie, la VIE…
 
Fulgures version 3 ne connaîtra pas la suite de l’histoire. Gageons que la suivante reprendra le fil du pull, plié au fond du placard… D’ailleurs, je le vois déjà frétiller sur cet air qui m’est cher :
 
« Que sera sera
Whatever will be will be
The future's not ours to see
Que sera sera… »
 
Laissons l’avenir venir…  
 

http://www.youtube.com/watch?v=R6WDdZ6xaPg ou
http://www.youtube.com/watch?v=z9opdQcowXs  
     

         

« À la croisée de l’inattendu » (14/12/07)

(Afare away...)


 

J’ai beau chercher sur Google, aucun article ne m’éclaire vraiment sur la culture afare. Aware ? Je ne suis pas. Pourtant j’aurais aimé découvrir où avaient été prises deux photos tombées dans ma petite boîte à messages… Paysages irréels du Sud Sud. Désert énigmatique, envoûtant, à en couper le soafare2.jpguffle…afare.jpg

  






  
  
Après deux mois de silence, je croyais le fil définitivement rompu mais le lien est plus solide qu’il n’y paraît. Je n’attendais plus rien et voilà que s’égrènent ses mots, toujours très elliptiques. Un baiser final accompagné d’images de sable émouvant.

Sur la photo de gauche, les roches cisèlent un ciel éblouissant. Tapi dans l’ombre, je devine les contours d’un « M » qui se dessine à la lisière du sable. Sur le versant encore ensoleillé, quelques brins de végétation résistent. La vie a supplanté l’aridité… Sur l’autre photo, des empreintes de pas convergent vers mes yeux hypnotisés. Mon regard s’ancre sur l’arête de la dune. L’ombre s’unit à la lumière pour se fondre en un cœur dont les battements ondulent sur les vagues d’une mer sablonneuse qui berce une minuscule créature (au fond à droite)… Ces pas mènent-ils à elle ?

Pourquoi ai-je tant envie de lui crier de m’attendre ou bien de me rejoindre ! M’entendra t-il ? M’entendras-tu ? M'entends-tu ?... 

par Mimi publié dans : A la croisée communauté : Au fil des mots
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